Méditation de Norbert Rouanet
Deutéronome 8 , 2 – 16
1 Corinthien 10 , 16 – 17
Jean 6 , 51 – 58.
Traversée du désert avec l’aide d’un texte de Bernard Mourou
Cette méditation servira d’introduction à notre Cène .
La période de l’été qui arrive est propice au tourisme et aux voyages. Pour ceux
qui ont la chance de pouvoir partir en vacances, c’est un moment privilégié pour
rompre avec les habitudes, pour découvrir autre chose que ce qui fait le
quotidien :
d’autres paysages, d’autres cultures, d’autres personnes.
Mais il y a aussi ceux qui vont là où il n’y a rien, là où il n’y a personne. Ceux-là
vont aller à la découverte du désert.
Même s’il n’y a rien dans le désert – ou peut-être justement parce qu’il n’y a rien –
le désert attire.
Le désert attire parce qu’il est à la fois fascinant et inquiétant. Il permet de se
retrouver soi-même. Mais il n’est pas exempt de dangers.
Et le principal danger, c’est de se retrouver sans plus rien à boire ni à manger.
Dans le désert, la mort menace donc en permanence.
Lorsque le peuple hébreu a quitté l’Egypte pour se rendre dans la terre promise, il
a dû traverser un désert.
Mais Dieu ne l’a pas abandonné, il ne l’a pas laissé défaillir en chemin. Pendant
quarante ans le peuple hébreu a survécu, il n’est mort ni de faim ni de soif.
Dieu a pourvu à sa nourriture. Une nourriture tout à fait particulière : la manne.
Chaque matin, le peuple la trouvait .
En ,quantité suffisante pour la journée , ceux qui l’ont mangée pour la première
fois, c’était son caractère étrange,
au point qu’il se sont écrié : Qu’est-ce que c’est ?
C’était la manne .
Même si dans nos pays nous avons toujours à manger ou à boire, même si la
plupart d’entre nous ne sont jamais allés dans un véritable désert, ce désert dont
parlent les Écritures trouve un écho en nous.
Le désert nous renvoie à une autre réalité : non pas un désert au sens
géographique du terme, mais un désert au sens spirituel.
Notre société aussi en est consciente :
aujourd’hui, les nouvelles spiritualités sont à la mode.
Le texte de cet Evangile nous donne une clef pour survivre dans les déserts du
monde.
Jésus se présente comme le pain vivant descendu du ciel, et il fait allusion à la
manne quand il dit : Tel est le pain qui descend du ciel : il n’est pas comme celui
que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra
éternellement.
Lorsque l’apôtre Paul écrit aux Corinthiens, il leur présente d’abord Christ comme
celui qui est la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu, puis il souligne le
caractère spirituel qu’avait déjà la manne pour les Hébreux.
Tous, ils ont mangé la même nourriture, qui était spirituelle ; tous, ils ont bu à la
même source, qui était spirituelle ;
Plus près de nous, dans les Cévennes et ailleurs, après la révocation de l’Edit de
Nantes, pendant cette période appelée justement la période du Désert, si nos
prédécesseurs dans la foi ont pu résister,
tenir ferme, et finalement maintenir leur identité spirituelle, c’est parce qu’ils
s’abreuvaient à la Parole de Dieu et qu’ils étaient prêts à courir des risques
considérables pour venir écouter des prédicateurs.
Et il en est toujours ainsi lorsque des chrétiens doivent défendre leur différence
dans un monde hostile :
c’est toujours grâce à cette Parole qui leur donne la force de résister.
En effet, contrairement aux idoles, qui sont muettes, le Dieu des Israélites est un
Dieu qui parle. Dès le tout début de la Genèse, Dieu crée au moyen de sa Parole.
La parole est la caractéristique fondamentale du Dieu des Israélites.
Notre Dieu nous parle, il veut instaurer un dialogue vivant avec nous, un dialogue
dans lequel nous l’écoutons et nous lui parlons, un dialogue qui nous gardera de
l’idolâtrie.
Lorsque nous parlons, c’est pour exprimer quelque chose : une pensée, un
sentiment, un besoin.
Une parole doit toujours exprimer quelque chose, sinon elle n’est qu’une
nuisance. En envoyant Jésus-Christ dans notre monde, le Père nous a exprimé sa
volonté de nous sauver de la futilité , pour nous conduire vers la vraie vie.
Certes, nous pouvons discerner dans le texte de cet Evangile bien d’autres
choses encore.
Il n’est pas interdit d’y voir aussi une allusion à la célébration de la Cène, que
nous allons prendre ensemble dans un instant .
et ce n’est pas contradictoire.
La prédication exprime quelque chose.
Quand elle est célébrée, la sainte Cène exprime aussi quelque chose, mais elle
l’exprime d’une autre manière :
non par des mots, mais par des gestes et des signes.
La prédication est la parole qu’on entend,
la Cène est la parole qu’on voit. Ce dualisme parole audible / parole visible a été
repris par les Réformateurs.
Mais le courant réformé a insisté, à juste titre, sur le fait que la célébration de la
Cène ne serait qu’un simulacre insignifiant si elle n’était pas d’abord expliquée par
la Parole de la prédication.
Pour nous, réformés, la sainte Cène a toute sa place, mais elle est seconde par
rapport à la Parole de la prédication.
C’est pourquoi nous ne la célébrons pas chaque dimanche. C’est la Parole de la
prédication qui fait exister cette autre Parole :
la Parole du sacrement.
C’est à cette Parole de Dieu sous ses différentes formes que ce texte de
l’Evangile renvoie.
Ce qui va nous aider à survivre dans nos déserts spirituels, c’est cette Parole.
Fondée sur Jésus-Christ lui-même, elle est supérieure à la manne qu’ont mangé
les Israélites.
Car si la manne leur a permis de survivre, elle ne les a cependant pas empêchés
de mourir : ils ont connu le sort réservé à tous les humains, la mort ne les a pas
épargnés.
Il n’en va pas de même de la nourriture spirituelle qui nous est offerte en Jésus-
Christ.
Dans le livre des Proverbes, la Sagesse est présentée comme un arbre de
vie. Cette sagesse de Dieu, c’est Jésus-Christ.
La nourriture spirituelle qu’il nous offre nous donne la vie éternelle.
Dans le désert, un homme ne peut pas vivre plus de quelques semaines sans
manger, et pas plus de quelques jours ou quelques heures sans boire.
Pourrons-nous vivre plus longtemps sans une Parole de Dieu ?
Alors pendant le calme de ces mois de vacances qui arrivent, avec le
discernement que nous donne le Saint-Esprit, allons à la rencontre de cette Parole
en nous rendant attentifs à tout ce qui nous parle de Christ.
Toute Parole qui nous vient de Dieu transforme nos déserts en oasis.
Amen.
Annonces pour la semaine du 7 juin 2026
Mardi 2 juin
- 11h30 Agapè Animation: Découverte de Pradelles
Jeudi 11 juin
- 15h Culte au Refuge
- 19h CP
- 20h30 Chorale
Dimanche 14 juin
- 10h30, Culte au Bousquet
Musée du protestantisme à Ferrière
Exposition du 26 juin au 1er novembre de Didier CROS: Papillons / Parpalhòls
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ANIMATION FESTIVE AGAPE


