Méditation de Norbert Rouanet
Matthieu 13, versets 1 à 23
Avec l’aide d’un texte de Corinne Gendreau.
Jésus avec cette parabole du semeur, ne s’interroge pas sur l’éternité de la
Parole, mais insiste sur la générosité du semeur.
Ce semeur, si on pense qu’il est Dieu, sème à tout va ; il donne sa Parole à la
bonne terre (nous bien sûr !)
Présents au culte en plein mois de juillet au lieu d’être à la plage ! mais Dieu la
donne aussi à ceux qui sont à la plage, ou encore il la donne à ceux qui sont
différents ;
il la donne à ceux qui sont comme un tas de caillou dur et inhospitalier, ou comme
des ronces qui font mal qui empêchent de passer et qui étouffent ceux qui sont
autour.
Oui, la première bonne nouvelle de la parabole, c’est que Dieu donne sa parole
sans regarder qui va la recevoir ;
La Parole est pour tous, elle est tout terrain.
Une deuxième manière de lire la parabole, est de s’intéresser à l’effet qu’elle
produit en nous. Et, pour nous aider à réfléchir, Jésus interprète sa parabole.
La question qui se pose est comment la semence/Parole va pouvoir donner du
fruit.
Il interroge notre manière de l’entendre et de la vivre.
Est-ce qu’elle nous traverse, est-ce qu’elle nous transforme et nous pousse à
donner du fruit ?
Jésus parle souvent en paraboles, c’est à dire des petites histoires . Ce chapitre
13 de l’évangile selon Matthieu comporte à lui seul 7 paraboles. Loin de rendre
claire la parole de Jésus, les paraboles sont des invitations à réfléchir, à chercher
à percer le mystère de la Parole .
Et cette fois-ci, est-ce par souci pédagogique pour montrer à ses disciples
comment ça fonctionne, Jésus donne aussi une interprétation de la parabole :
il explique à ses disciples ce qu’il veut dire avec son histoire de semis sur le
chemin.
En premier lieu, nous pouvons remarquer que cette parabole met en scène un
semeur qui sème à tout va :
un peu n’importe comment pourrait-on même dire car ses graines tombent sur le
bord du chemin, là où il n’y a pas beaucoup de terre et des cailloux…
Et puis quand même dans l’endroit qui semble le plus approprié, la bonne terre où
la graine va pouvoir grandir et donner du fruit.
Je pense qu’un agriculteur soucieux de rendement trouverait à redire sur la
manière de semer ;
un citadin , pourrait louer la manière désintéressée du semeur qui nourrit les
oiseaux et n’a pas de souci de rentabilité.
Pourtant, malgré le semeur et sa manière de semer, nous connaissons tous la
vocation d’une graine :
donner une plante qui donnera du fruit ;
une graine est porteuse d’une promesse de vie, de croissance, car on se nourrit
des nombreux fruits de plantes à graines.
Jésus l’explique, il en va de même pour la Parole de Dieu, pour sa parole : elle est
proclamée depuis toujours, par les prophètes, par lui et aujourd’hui par tous les
prédicateurs, mais l’effet escompté n’est pas toujours au Rendez Vous.
La question récurrente de quelqu’un qui parle est de savoir s’il est entendu et
encore mieux écouté !
Une bonne sono ou une voix qui porte… tout semble au point… pourtant, la
Parole se perd pour diverses raisons :
– La Parole qui ne trouve pas de terre, c’est à dire d’auditeur, c’est la parole qui
n’est pas entendue :
c’est prêcher dans le désert ; ce n’est vraiment pas le top ;
mais ce n’est pas perdu pour tout le monde, les oiseaux du ciel en font leur repas.
Ces oiseaux du ciel représentent ceux qui jouissent d’une grande liberté et qui se
nourrissent de ce qu’ils trouvent. L’existence des oiseaux du ciel est relativement
fragile ;
– La Parole qui se perd est aussi la parole qui tombe dans une oreille attentive
mais inconstante ; parole qui est oubliée au moindre rayon de soleil ou tempête de
la vie, c’est à dire dans les temps de joie , difficulté ou dans les moments difficiles
de la vie.
–
Chacun va se trouver transformé par la Parole de manière singulière, dans des
temps personnels.
Combien de nos contemporains refusent d’écouter une parole évangélique parce
que leur vie n’est pas lisse et remplie de bonheur ?
Ils pensent que si Dieu existait, si sa parole était efficace de suite, tout irait bien
dans leur vie !
Je ne vous cache pas que cette vision de Dieu ou de l’efficacité de sa Parole me
mettent mal à l’aise :
Dieu n’est pas magicien et l’efficacité de sa Parole advient par nous, dans notre
capacité à la recevoir et de la faire vivre.
La patience, la volonté de discerner la parole qui donne du fruit et enfin la mettre
en œuvre….
Cela ne coule pas de source. Et Matthieu nous secoue :
« vous donc, écoutez la parabole du semeur » celui qui a des oreilles doit s’en
servir pour écouter pour ne pas être dans la masse de ceux qui ont les oreilles et
la vue bouchées !
Celui qui a des oreilles qu’il entende !
Nous pouvons donc essayer…
La Parole se perd aussi en raison d’épines.
– Déjà du temps de Jésus, les épines représentent les diversions du monde
qui étouffent ou éloignent de la Parole ;
il n’y avait pourtant ni internet ni toutes les sollicitations modernes qui sont
aujourd’hui citées comme écueil.
–
Il est intéressant de voir que les diversions sont aussi en nous : le souci du
monde ; que mettons-nous chacun derrière cette expression, les soucis du
monde ?
–
Mon souci concerne-t-il mes soucis de santé, ou mes problèmes familiaux ?
Est-ce la voix du souci qui m’habite qui m’empêche d’entendre et de vivre
l’évangile ?
Loin de vouloir délivrer un message culpabilisant car nous avons tous nos soucis
qui parfois nous prennent la tête, nous bouchent les oreilles et nous rendent
hermétiques à toute parole de joie,
hermétiques à toute parole de paix ou hermétiques à la parole libératrice de
l’évangile.
Or c’est là que la parabole prend tout son sens, c’est là qu’elle est essentielle
pour nos vies, c’est là qu’elle est bonne nouvelle :
Car loin d’enfoncer ceux qui ne n’entendent pas, elle donne une issue de sortie :
heureux ceux qui voient et entendent, oui heureux ceux qui reçoivent la Parole
car ils vont porter du fruit et nourrir ceux qui en sont dépourvus.
Vous le constatez avec moi, les échecs sont nombreux, on dirait même que c’est
pour cela que le semeur sème avantageusement, il n’attend pas le terreau idéal
pour délivrer sa semence/Parole ;
il accepte la perte, il accepte que sa parole soit reçue de manière éphémère, car
en certains cas, elle va produire du fruit, que ce soit 100, 60 ou 30, selon les
charismes de chacun.
Et c’est cela qui compte : des fruits sont produits ; peut-être que le semeur se
refuse de semer dans des lieux trop uniformes.
Il a toujours l’espoir que certaines graines pousseront dans des lieux inattendus.
Ainsi en est-il de la Parole : nous devons l’annoncer dans des lieux divers, faciles
ou plus arides, dans l’espoir que quelque chose poussera que la vie adviendra
quand même.
Notre responsabilité est de susciter le désir de l’écoute de la Parole. Car la parole
, rejoint chacun dans sa réalité de vie et est toujours porteuse d’une promesse de
vie, c’est le fruit préféré de Dieu.
Laissons donc la Parole germer dans notre cœur, c’est la grâce de Dieu qu’elle
soit pour chacun de nous,
AMEN
Annonces pour la semaine du 12 juillet 2026
Jeudi 16 juillet
- 15h Culte au Refuge
- 16h Culte à la maison de retraite de St Amans
Samedi 18 juillet
- 18h Stevenson l’inventeur de la randonnée ? par Patrick Cabanel au musée du protestantisme à Ferrières
Dimanche 19 juillet
- 10h30, Culte au temple St Jacques à Mazamet
- 10h45 Culte au temple d’Anglès

Musée du protestantisme à Ferrière
Exposition du 26 juin au 1er novembre de Didier CROS: Papillons / Parpalhòls

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EXPOSITION du photographe Daniel MORO pour
l’été 2026 autour du thème « Résister – Résistance »
« Des combats de la nature face à l’homme aux luttes sociales, guerres de
libération, engagements culturels et défis intimes face à la maladie ou
l’esprit, découvrez l’hommage photographique à cette force indomptable
qui refuse de céder. »
Vous êtes chaleureusement invité au vernissage de cette exposition le
vendredi 10 juillet 2026 à 18 heures au temple de Vabre.



