Méditation de Norbert Rouanet
Romain 6 versets 3 à 11
Matthieu 10 versets 37 à 42
Avec l’aide d’un texte de Virginie MOYAT .
Jésus a trouvé ses douze disciples, ceux qui vont donc le suivre, et avant toute chose, il les
enseigne, et cet enseignement donne un cadre très précis à leur mission.
Aujourd’hui, pour nous le contexte, le sujet d’actualité le plus criant est la violence au sein
de la société française, largement encouragée par les petites phrases politiques et les
médias et autres réseaux sociaux qui enveniment, dévoilent l’inacceptable, le non
supportable, même s’ils s’en défendent.
Violence exprimant une souffrance profonde qui s’enracine depuis de nombreuses années :
pauvreté, sentiment d’abandon de la part de l’état et des institutions françaises, éducation
fragile et insatisfaisante, cadre de santé insuffisant, mortalité qui monte…et la chaleur de
ces jours si n’arrange pas les choses .
Violence exprimant une autre souffrance bien plus profonde : la nécessité de s’appuyer sur
des personnes de confiance, le besoin vital de savoir comment rebondir, trouver sa voie ;
alors que paradoxalement on veut être libre et ne dépendre de personne.
Aujourd’hui, plus rien n’est tracé d’avance, il faut faire son propre chemin, trouver les
bonnes personnes au bon moment et se lancer, alors que beaucoup sont fragilisés et ne
savent pas comment faire. Comment réagir ?
comment répondre à ces besoins criant de vie ?
Ou justement, comment ne pas réagir et apporter notre pierre à cet édifice, comment
apporter notre espérance à cette vie qui réclame à cris et à sang de vivre ?
Mais ,Qu’est-ce que vivre ?
est-ce que la vie coûte (des efforts, de l’argent…) ?
qu’est-ce que je fais de ma vie ?
Je crois que les injonctions ou ordres donnés par Jésus à ses disciples ont une résonance
avec ces questions. Sans apporter nécessairement de réponses directes, ils nous donnent du
grain à moudre pour amorcer des réponses.
. Vivre demande donc déjà des efforts. On est nés, on est comme on est, on apprend à se
connaître et à aller vers les autres.
Tout petit, avec ses parents, dont on doit se détacher physiquement, à la naissance, aux
premiers mois où on apprend à dormir loin d’eux et sans qu’ils répondent toujours et tout
de suite à nos injonctions :
ils ne sont pas moi, je ne suis pas eux. Mes besoins existent, les leurs aussi. Puis apprendre
à se faire des amis, les choisir… puis dans le monde des adultes, parmi les collègues, les
rencontres , son travail.
Vivre exige d’aller vers les autres et de construire la paix. Ensuite, il y a les versets
d’aujourd’hui : Jésus demande de se détacher de sa vie, pour pouvoir s’attacher à lui. Il
demande de se détacher de la famille, celle justement dont on apprend à se détacher dès la
première heure de notre vie hors du ventre de sa mère.
Il demande de se détacher d’une vie sans lui, qui serait une vie sans la croix, une vie sans
la souffrance.
Car vivre est indissociable de ruptures, de deuils. Deuil d’une vie facile Deuil d’une vie
libre et sans décisions à prendre et sans responsabilités à avoir
(on est au moins responsable de sa vie et de ce qu’on en fait !)
Deuil d’une vie simplement avec ceux qu’on a eu en arrivant dans la vie
Deuil d’une vie où on nous doit quelque chose : la santé, l’argent, un air respirable, …
Rien ne nous est dû. Tout est de notre ressort, de notre responsabilité, individuelle et
collective.
Avoir un système de santé bon ?
un Etat qui rembourse les frais ?
ce n’est qu’une chance si on habite en France. Cela ne nous est pas dû.
Avoir de l’argent pour vivre ?
c’est absolument nécessaire, mais cela ne nous est pas dû. La France multiplie les aides
selon les situations, cela est une chance encore une fois.
Oui, on doit travailler dur et longtemps et peut-être doit on apprendre aussi à vivre
simplement, lutter contre les modes, les marques, pourquoi vouloir nécessairement ce que
soit disant tout le monde aurait (le dernier Iphone ! Les dernières chaussures à la mode des
blogueurs ,des influenceurs qui eux vont s’exiler à Dubaï ou ailleurs ) .
La Réforme en France, donc au 16è s avec Calvin en particulier avait déjà mis en exergue
cet excès : les catholiques les plus riches (clergé compris) avaient les habits les plus
colorés et dorés et les exhibaient devant tous ostensiblement !
Cette opulence voulait signifier la bénédiction de Dieu sur leur famille et donc leur grande
foi.
Calvin a dénoncé cette manière de faire, rappelant le récit biblique de la veuve pauvre qui
a donné la seule pièce qu’elle avait au Temple de Jérusalem alors que les riches pharisiens
richement habillés montraient ostensiblement leurs dons plus importants.
Les protestants à la suite de Calvin, à Genève et en France, s’habillaient en noir, et cela a
duré des siècles. La foi est intérieure, Dieu la connaît.
Notre richesse est ailleurs que sur ce que nous montrons aux autres.
Alors qu’est-ce que vivre selon le Christ ?
C’est savoir nous détacher de nos vies, selon les projections que nous en faisons, pour nous
attacher à autre chose qui soit durable :
seul Dieu est éternel, seul Jésus Christ sait nous accompagner de siècles en siècles, seule
l’Eglise se remémore ces récits de croyants et se renouvelle de siècles en siècles et
d’années en années ; nous passons, mais ça, ça reste.
Il est de notre responsabilité de faire connaître cette chance immense que nous avons, et là
non plus, ce n’est pas un dû :
Dieu nous a donné son fils Jésus-Christ pour que nous ayons la vie éternelle, une vie qui
durera après nous.
Peut-on dire simplement que notre vie durera par ce qui nous y aurons laissé :
nos traces dans ce monde, nos engagements, nos rencontres, nos convictions fortes.
Quelles traces laisserons-nous après notre mort ?
quels souvenirs laisserons–nous à nos enfants, ou à plus largement, à notre Eglise ?
Aurons-nous contribué à rendre ce monde un peu meilleur ?
Aurons nous dit ,Que vivre selon le Christ , C’est savoir se détacher de notre volonté
purement humaine pour accepter une autorité extérieure qui donne des ordres, des
injonctions, et pourtant reconnaître que cette autorité nous donne de vivre libre.
Cette autorité pour nous chrétiens vient du Christ, il est notre seul sauveur, il nous sauve de
notre vie qui est limitée. Notre mission de chrétiens est d’accompagner, d’impulser, de
soutenir toutes les personnes ou groupes capables d’apporter la paix dans ce monde .
A tout moment, nous serons soutenus à notre tour, écoutez ce que Jésus a dit aux disciples
un peu plus haut, aux versets 30 et 31, d’une manière bien imagée :
« Même les cheveux de votre tête sont tous comptés. N’ayez donc pas peur, vous valez
plus que beaucoup de moineaux. »
Vous comptez beaucoup pour Dieu !
Dieu vous aime et nous sauve de notre condition humaine limitée .
La vie en lui est la seule offerte à tout humain qui construit la paix, seul préalable à toute
réponse à la violence humaine.
Amen
Annonces pour la semaine du 28 juin 2026
Cette semaine ont eu lieu les obsèques de Monsieur Gérard RIGAUD
Mardi 30 juin
- 14h30 Agapè Animation: Chantier forestier au Gabon par Didier CHALARD
Jeudi 2 juillet
- 15h Culte au Refuge
- 20h30 Concert d’orgue à l’église St Sauveur de Mazamet
Samedi 4 juillet
- 16h Mariage de la petite fille de Nicole et Jean-Claude Favre au temple St Jacques à Mazamet
Dimanche 5 juillet
- 10h30, Culte au temple St Jacques à Mazamet

Musée du protestantisme à Ferrière
Exposition du 26 juin au 1er novembre de Didier CROS: Papillons / Parpalhòls
|
.
EXPOSITION du photographe Daniel MORO pour
l’été 2026 autour du thème « Résister – Résistance »
« Des combats de la nature face à l’homme aux luttes sociales, guerres de
libération, engagements culturels et défis intimes face à la maladie ou
l’esprit, découvrez l’hommage photographique à cette force indomptable
qui refuse de céder. »
Vous êtes chaleureusement invité au vernissage de cette exposition le
vendredi 10 juillet 2026 à 18 heures au temple de Vabre.



