Méditation de Norbert Rouanet
Matthieu 13, versets 24 à 43
Avec l’aide d’un texte du Pasteur Bernard Mourou
Notre passage d’Évangile suit immédiatement celui de dimanche dernier,
qui racontait la parabole du semeur, dont les graines portaient du fruit ou
pas selon le terrain sur lequel elles tombaient.
Ces deux passages se suivent d’une manière cohérente.
Jésus continue de parler à la foule depuis une embarcation et à raconter
des paraboles, qui s’inscrivent toutes dans un contexte agricole. Ces petits
textes mis bout à bout sont construits de la même manière :
– nous avons d’abord une ou plusieurs paraboles – dans notre texte
d’aujourd’hui elles sont au nombre de trois : il y a l’ivraie, la graine de
moutarde, et le levain ;
– puis on nous explique pourquoi Jésus s’exprime par des paraboles ;
– et enfin vient l’explication de la parabole.
Certes, il y a bien quelques différences entre ces deux textes : dans la
parabole de l’ivraie, la pointe n’est pas mise la plus ou moins bonne qualité
du sol, mais sur un mélange de graines de plus ou moins bonne qualité.
Au final, nous voyons bien que la question centrale reste celle du domaine
de la qualité.
Quand nous regardons nos Églises, il nous arrive de faire des constats
pessimistes en comparant la situation actuelle avec celle du passé.
Et quand nous étudions la question, c’est beaucoup plus souvent la
question de la quantité que nous retenons
(combien de personnes au culte, combien de personnes sur les registres,
combien de donateurs, combien de personnes aux journées paroissiales ,
etc.).
Mais nous oublions , la question de la qualité.
Donc si notre texte s’intéresse à la qualité plutôt qu’à la quantité, il a peut-
être quelque chose à nous dire…
D’autant plus qu’il nous parle du Royaume non en termes de déclin, mais en
termes de croissance.
Prenons donc en compte cet optimisme bienvenu.
Dans notre passage, la première parabole, celle de l’ivraie, s’intéresse au
blé, qui pousse quelles que soient les circonstances. Et là nous retrouvons
l’idée de dimanche dernier.
Cette idée, c’est que le processus de croissance contenu dans la nature
échappe au cultivateur.
Qu’il dorme ou qu’il soit debout, la nuit et le jour, la semence germe et
grandit, il ne sait comment.
On ne sait pas comment le Royaume se développe, cela échappe à la
conscience qu’on peut en avoir, mais le fait est que le Royaume se
développe.
Dans la même perspective, la deuxième parabole, celle de la moutarde,
attire notre attention sur une plante dont la graine est toute petite, mais
donne naissance à une plante gigantesque.
La graine de moutarde était à l’époque la plus petite graine connue. Pour
vous donner une idée, 750 de ces graines ne pèsent pas plus d’un gramme,
mais l’arbre qui naît de l’une d’elles peut atteindre jusqu’à 4 m de haut – à
moins qu’il ne s’agisse de l’arbre à moutarde, qui, lui atteint les 10 m.
Mais dans les deux cas, la plante de cette graine
dépasse toutes les autres plantes potagères.
Enfin, la troisième parabole nous parle du levain, qui fait gonfler la pâte
sans que la femme intervienne à ce stade de la préparation : sa tâche se
borne à mettre le levain nécessaire avant de faire cuire la pâte.
Oui, tout pousse naturellement. Si le ciel leur donne l’eau et le soleil
nécessaire, les plantes, les arbres et les fleurs croissent, à partir d’une
simple graine.
C’est la loi de la nature, une loi qui est inscrite dans tout processus de
germination. A partir d’une simple graine, les végétaux grandissent et se
développent.
Pourtant, à l’œil nu, nous ne voyons rien. Il nous est impossible de voir
pousser une plante. Sa croissance nous échappe complètement.
C’est pareil pour la géologie, dont Jésus aurait pu aussi prendre l’image :
les montagnes nous donnent une impression de stabilité, et pourtant les
continents se déplacent et si nous considérons par exemple les Alpes, elles
n’arrêtent pas de s’élever. Mais nous ne voyons aucun mouvement.
Si nous ne voyons pas de mouvement, c’est juste parce qu’il est trop lent
pour notre œil, qui n’est pas capable de percevoir ,
pour percevoir ces mouvements imperceptibles.
Nous sommes enfermés dans la temporalité.
Elle nous fait tantôt croire que rien de bouge, mais c’est faux.
Seule une caméra peut nous montrer la croissance d’une plante : en
prenant des prises de vue très espacées, elle est capable de nous le rendre
visible , en visualisant le film en accéléré.
Il semble parfois que nous ne sommes pas non plus capables de percevoir
les phénomènes spirituels.
Car ce que produit la foi grandit aussi de manière extrêmement lente, et
c’est pourquoi nous avons souvent l’impression qu’il ne se passe rien.
Avant la fleur sur laquelle se poseront les papillons, avant la plante qui
donnera des fruits, avant l’arbre qui donnera son ombre, il y a une graine,
une simple graine.
Tout part d’elle. Et inexorablement, la graine donnera la plante qui est
inscrite en elle. Et la plante ne cessera de croître, jusqu’à sa maturité. Mais
elle le fera à une vitesse très lente. C’est inscrit dans un processus naturel.
Qu’est-ce qui fait croître cette plante?
C’est la force de la vie qui est contenue à l’intérieur de cette graine.
. Chaque graine a un principe interne qui donnera chaque plante selon son
espèce.
Si cette force de vie est au cœur des végétaux, elle est aussi au cœur de la
vie spirituelle.
Comme une plante, un arbre ou une fleur, se développent grâce à la force
de vie qui est contenue dans leur graine, la vie spirituelle est appelée à
croître grâce à la force de vie que Dieu nous donne.
Notre vie spirituelle est appelée à croître quelles que soient les
circonstances, non grâce à nos propres forces, mais grâce à cette force de
vie, la même qui agit aussi dans la nature.
Nous aussi, en tant qu’Église, nous avons ce principe spirituel.
Dans le livre de Zacharie nous lisons cette phrase prophétique :
Voici un homme dont le nom est Germe, sous ses pas tout germera.
Les chrétiens y ont vu une annonce du Christ, qui disait de lui-même : Je
suis la résurrection et la vie.
Le Christ est ce principe de développement.
Donc nous pouvons regarder notre époque avec confiance et sérénité.
Nous pouvons être sûrs que, malgré les apparences et les perceptions
limitées que nous pouvons en avoir, la vie spirituelle de nos Églises
n’échappe pas aux lois de la croissance qui anime toute la création, une
croissance à laquelle chacun de nous qui sommes réunis dans ce temple ce
matin, nous participons.
AMEN
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Jeudi 23 juillet
- 15h Culte au Refuge
Dimanche 26 juillet
- 10h45 Culte UNIQUE au temple d’Anglès suivi d’un pique nique.
Agapè:
Festival » Septembre en musique »
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Exposition du 26 juin au 1er novembre de Didier CROS: Papillons / Parpalhòls

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