Méditation du pasteur Jean-Louis Prunier
Matthieu 22, 34-40
Je ne vous parlerai pas de l’actualité. Je ne vous parlerai ni de la déprime des peuples,
ni de l’ardeur de certains dirigeants à augmenter sans répit leurs richesses, ni de la haine qui
ruine l’ambiance du monde dans lequel nous vivons. Non, je ne vous parlerai que d’amour,
puisque le texte du jour nous y invite, par miséricorde divine
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Dans une société en construction, les lois sont nécessaires. Au début elles sont peu
nombreuses, mais essentielles. Puis, au fur et à mesure de la complexification de la société,
ces lois deviennent plus complexes et plus nombreuses. Au bout d’un certain temps, les lois
deviennent inutilement contraignantes et finissent par bloquer l’évolution de la société qui les
a elle-même créé. Elles deviennent parfois injustes, car elles perdent l’esprit qu’elles avaient
au départ. C’est ainsi que toute société établie, régentée, dirigée, cherche à retrouver l’esprit
initial de la loi, ou ses principes directeurs.
La question que pose le Scribe à Jésus est donc doublement légitime : ”Maître, quel
est le premier de tous les commandements ?”
Elle est légitime en premier lieu de par l’option théologique des Pharisiens et des
scribes d’obéir à toutes les lois mosaïques, dont l’obéissance est seule capable d’apaiser le
courroux divin. On comptait à l’époque jusqu’à 1226 lois et commandements annexes. Les
Pharisiens étaient les champions toutes catégories de l’observance de la loi !
En second lieu, la question que le Scribe pose à Jésus est légitime de par le fait que les
juifs se la posaient depuis toujours. En effet, parmi ces dix commandements obtenus par
Moïse au sommet du Mont Sinaï, y en a-t-il un qui soit premier, un plus grand que les autres,
un qui soit le plus proche de la source divine ?
A cette question, si importante aux yeux des Pharisiens qui la posent, Jésus répond de
manière détournée. Il ne reprend aucun des Dix Commandements, mais va chercher d’autres
textes tirés de la Thorah. Le premier provient du Sh’ma Israel, ”Ecoute Israël”, qui est encore
aujourd’hui le début de la confession de foi juive. Le second texte est tiré du Lévitique, au
chapitre 19. Jésus tire donc ses deux commandements des livres les plus sacrés de la foi juive,
ce recueil des lois qui a été donné aux Juifs pour leur salut. La nouvelle alliance en Jésus est
donc fondée sur l’ancienne alliance, elle en est la continuation, elle ne l’annule pas. Mais
Jésus fait toutes choses nouvelles, et sur le fécond terreau de la loi juive, il fait fleurir l’amour.
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Le premier commandement, selon Jésus, est : ”Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout
ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force.” Ce commandement
reprend en les synthétisant les quatre premières lois du Décalogue, qui commandent la
vénération du seul vrai Dieu.
Aimer Dieu avant toute autre chose, ce n’est pas tenter d’aimer l’insaisissable,
l’inatteignable, c’est voir en Lui l’origine de tout ce qui existe, c’est le vénérer comme un
enfant aime son père, tellement plus grand que lui, et qui lui a donné vie et conscience. Aimer
Dieu c’est se tourner vers Lui, en louange et en prière, pour lui exprimer le merci de chaque
jour, la reconnaissance de tout le bien qu’il nous fait, le refus de nous vouloir tout-puissant à
son égal mais au contraire lui laisser prendre les rênes de nos si pénibles existences. C’est
enfin répondre à son amour d’où le nôtre découle, car nous sommes toujours seconds derrière
sa primauté éternelle. N’est-il pas le Dieu aimant qui se veut être notre Père et qui nous aime
comme ses enfants ? Il est vrai que rien n’est moins évident que d’aimer sans voir, d’aimer
sans comprendre, d’aimer un Dieu dont la seule vue peut tuer. Pour nous, pauvres petits
humains, aimer un tel Dieu reste difficile. Mais il sait cela, et c’est pourquoi il nous a donné le
Christ Jésus.
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Aimer Dieu serait, en effet, resté un mystérieux devoir si Jésus n’avait pas ajouté,
répondant au Scribe, ces mots : ”Et voici un second commandement : semblable au premier :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.” Nous avons là un résumé des six derniers
commandements du Décalogue.
Le Scribe avait posé la question du plus grand des commandements, Jésus répond en
en citant deux dont il dit qu’ils sont semblables. Donc ”Tu aimeras ton Dieu” est semblable à
”Tu aimeras ton prochain”. Du coup aimer Dieu n’est plus un concept abstrait, puisque j’aime
Dieu en aimant mon prochain.
Pourtant aimer son prochain n’est ni évident ni facile. Comment aimer son lointain
prochain, celui que je ne rencontrerai jamais, que je ne connaitrai jamais ? Comment aimer un
voisin particulièrement détestable ? Comment aimer certains dirigeants causant malheurs et
détresses, certains dictateurs ou chefs de guerre, qui torturent, tuent, par appât du gain ?
Comment aimer ceux qui ne parlent que de haine ?
Jésus nous y invite pourtant, il nous le commande même. Il nous dit d’associer ses
deux commandements, aimer Dieu et aimer son prochain, car ils sont semblables. Le visage
de Dieu devient alors celui de mon prochain, et mon prochain, quel qu’il soit, prend le visage
de Dieu. Mon prochain devient pour moi porteur de Dieu, par lui je vois Dieu, j’avance vers
Dieu. Et si je constate que mon prochain n’est pas aimable, tout en sachant qu’il est l’icône de
Dieu, je deviens le persécuteur de celui que je cherche, de celui en qui je crois, faute de
mieux. Je deviens l’apôtre Paul, dans le Livre des Actes, à qui Jésus s’adresse sur le chemin
de Damas : ”Pourquoi me persécutes-tu ?”
Jésus, en plus, nous commande d’aimer notre prochain comme nous-mêmes. Cela
signifie que si pour moi l’autre prend le visage de Jésus, je suis à mon tour porteur de Jésus
pour l’autre, je peux rendre Jésus visible par et pour les autres.
En définitive Jésus nous offre une sorte d’échelle de l’amour chrétien. En aimant notre
prochain, nous aimons Christ qui se montre derrière lui. Et, en aimant Christ, c’est Dieu lui-
même que nous aimons. De la même manière, Dieu nous aime à travers Christ, comme Christ
nous aime à travers les prochains qui nous sont les plus proches, les membres de nos familles
comme nos frères et sœurs dans l’Église, par exemple.
Remarquez au passage que Jésus ne nous commande pas de l’aimer, lui. C’est parce
qu’il est à la fois mon plus proche prochain et ce Dieu qui aime son Fils comme il aime tous
ses enfants. Jésus met Dieu à ma portée, à la portée de mon amour.
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Ma conclusion sera une prière, celle du pasteur Alain Houziaux, une prière qui reprend
le Notre Père en l’adaptant. Elle s’adresse à mes prochains, donc à Jésus et à Dieu, donc à
vous tous ce matin. La voici :
”Mon prochain, mon frère, ma sœur,
Que ton nom soit sanctifié et béni,
Que ton règne sur mon cœur vienne,
Que ta volonté soit faite même si ce n’est pas la mienne,
Donne-moi aujourd’hui le pain et la joie de chaque jour,
Pardonne-moi mes offenses comme je tente de pardonner à tous
Ne m’induis pas dans la tentation de te faire du mal,
Mais délivre-moi du mal,
Car c’est sur toi que reposent
La bénédiction et la grâce,
Aux siècles des siècles.”
Amen !
Annonces pour la semaine
Mardi 27 octobre ont eu lieu les obsèques de Monsieur René Loup
Lundi 2 novembre à 14h30 auront lieu les obsèques de Monsieur René Julien au temple St Jacques de Mazamet.
Mardi 3 novembre
- Les Mardis d’Agapè: 14h Visite du musée Dom Robert à Sorèze
Mercredi 4,Jeudi 5 et vendredi 6 novembre
- Préparation des oreillettes à La Tourette
Jeudi 5 novembre
- 15h00: Culte au Refuge
- 20h30: répétition Chorale
Samedi 7 novembre
- 10h00 Réunion de l’ACAT à Rouvière
- 18h30 Conférence – Handicap par Isabelle Bousquet – organisée par la Fondation John Bost et Agapé.
« Vieillissement et Handicap »
Samedi 7 novembre Maison des associations à Mazamet
Conférence donnée par Mme Isabelle Bousquet de la Fondation John Bost assistée de Mr Clément Grenier.
Vieillissement et handicap sont des sujets qui nous concernent tous.
Nous pouvons être concernés directement,à travers un membre de notre famille,un ami,un voisin ou une personne de notre entourage.
Il s’agit là d’un véritable sujet de société QUI NOUS TOUCHE TOUS .
Nous comptons sur votre présence nombreuse ; n’hésitez pas à communiquer autour de vous
Informations pratiques sur l’affichette ci après.
Dimanche 8 novembre
- 10h15 Ecole biblique à Rouvière
- 10h30 Culte au temple St Jacques
NOUVELLES DE LA PAROISSE après CP
– Le permis de construire des garages de Rouvière a été déposé. Sans réponse dans un mois et demi, la commission des immeubles, présidée par Mr Vincent Béziat, pourra chercher des artisans pour les construire.
– Les orgues de Saint Jacques sont toujours en panne. Mr Lefèvre (facteur d’orgues) est chargé de faire un diagnostic, un devis et nous lui avons donné une date limite d’intervention au 13.12.2026 pour que les orgues soient fonctionnels lors de la veillée de Noël. Mr Marc Tirel suit ce dossier.
– Mr Coll architecte des monuments historiques a évalué la restauration du clocher de St Jacques. Le montant s’élève à 282.000 alors que sa dernière estimation de 2024 s’élevait à 142.000 euros. Jean Paul Riols viendra à la commission des immeubles pour transmettre tout ce qui a été fait. Nous allons rencontrer Mr Coll pour connaître les raisons de cette différence. De toute manière, ce dossier sera de nouveau débattu en assemblée générale fin Mars 2027. J’en profite pour renouveler à tous ceux, qui ne sont pas inscrits sur les listes électorales de la paroisse, de le faire avant le 31.12.2026.
– ATTENTION la fête paroissiale du printemps aura lieu les 3 et 4 avril 2027 (et non les 10 et 11 avril 2027 comme marqué dans le dernier journal). Toujours au Thirondel à St Baudille.
– Synode régional les 13/14/15 Novembre 2026
– Ménage des caves de Rouvière le 21.11.2026 à 9h . Venez nous aider….

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