Culte du 16 août 2026

Méditation de Rudi Popp

 

 

Marc 1, 1-11

Marc 10, 13-16

 

Je voudrais partir de l’hypothèse suivante : le problème religieux crucial de nombre de contemporains est qu’ils n’ont jamais convenablement perdu la foi. Par voie de conséquence, perdre (ou mépriser) la foi leur apparaît comme la in de la « religion », qui ne présenterait plus d’intérêt une fois qu’on aurait perdu la foi. Qui « n’a pas » la foi, pensent d’aucuns, aurait ini de croire. Je considère au contraire que « perdre la foi » est le début du « croire ». Non seulement faut-il, de ce point de vue, laisser tomber la foi, ain qu’elle tombe de la tête au cœur ; mais aussi devons-nous cesser de cultiver plus que de raison une foi érigée en croyances, en convictions et en valeurs. À l’évidence, « croire » requiert des croyances ; mais pour en avoir pratiqué certaines, je suis à présent convaincu que les décisions les plus importantes que nous prenons dans la vie spirituelle ne concernent pas ce que nous croyons — mais ce que nous ne croyons pas (ou plus). C’est pourquoi il est important pour moi de devenir un idèle lecteur « non croyant » de la Bible : parce que je ne veux pas obscurcir la foi que Dieu met en moi par les diverses croyances qui mélangent et les clartés et les ténèbres de mes errances. C’est ainsi que j’ose résumer l’essence de ces deux récits bibliques, du baptême de Jésus et de l’accueil des enfants, en une a irmation courte : Ce qui nous intéresse dans la foi, ce n’est pas qu’un humain puisse croire en Dieu, mais que Dieu puisse croire en l’humain. Je pense que c’est par ce retournement de l’idée que les chrétiens se font de la foi que la Réforme protestante reste d’actualité, et nous est toujours proposé comme une Réforme de notre cœur, avant d’être une Réforme de notre Église. Ce qui nous intéresse dans la foi, ce n’est pas qu’un humain puisse croire en Dieu, mais que Dieu puisse croire en l’humain – voilà ce que nous propose comme parole réformatrice la lecture dans l’Évangile de ce jour. En ces jours-là Jésus vint, de Nazareth de Galilée, et il reçut de Jean le baptême dans le Jourdain. Dès qu’il remonta de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre vers lui comme une colombe. Et une voix survint des cieux : Tu es mon Fils bien-aimé ; c’est en toi que j’ai pris plaisir – ou bien je mets en toi toute ma joie ; ou bien, selon d’autres traductions : toute mon afection. Cette dernière phrase m’a frappé de plein fouet. Dieu prend plaisir en l’humain ! Le plaisir que Dieu se fait par le baptême, voilà un sujet que nous mettons rarement en évidence dans notre pratique même du baptême. Certes, la traduction du grec est un peu di icile. Le verbe grec qui s’y cache est un verbe de volonté. Il exprime la liberté de quelqu’un en prenant une décision. Quand le verbe est appliqué à Dieu, il signi ie son « bon vouloir » Je trouve ainsi très réussie la traduction de la Nouvelle Bible Segond, « c’est en toi que j’ai pris plaisir », parce qu’elle joue avec une nuance du vieux français : la formule qui marquait la volonté du roi dans les édits était « Car tel est notre bon plaisir. » Dans le mot français « plaisir », il y avait jadis cette a irmation de la volonté de l’auteur d’un acte. C’est exactement cela que le texte veut dire : Tu es mon Fils bien-aimé, il est mon plaisir, ma seule volonté, de t’accepter. Et c’est alors dans cette révélation que nous apprenons le sens de notre propre baptême : Tu es mon ils, ma ille bien-aimé.e signi ie : Dieu fait de nous ses enfants. DIEU SE FAIT PLAISIR par notre baptême : c’est sa volonté de se donner à nous par le baptême. Soit dit en passant, notre discours ne doit donc plus être celui de Jean Baptiste : Changez d’abord de comportement, puis on vous baptisera et puis Dieu pardonnera vos péchés. Ça, c’est une religion dépassée par Jésus ! Comme disciples de Jésus, nous pouvons dire simplement : rappelez-vous le baptême de Jésus, rappelle-toi ton baptême ! C’est Dieu qui a changé, lui, son regard sur le monde : il nous a acceptés par Jésus, et grâce à cette avance gratuite, nous allons, par l’écoute de l’Évangile, réellement changer de comportement ! Le baptême de Jésus est une charnière de la foi chrétienne : par cette petite phrase, « Tu es mon enfant bien-aimé ; c’est en toi que j’ai pris plaisir », la logique d’une religion de la coniance a été déinie. Et elle se résume ainsi : ce qui me frappe dans ce récit, ce n’est pas qu’un humain puisse croire en Dieu, mais que Dieu puisse croire en l’humain. Ce renversement de notre logique religieuse se conirme alors quand « des gens » amenaient des enfants à Jésus, pour qu’il les touche de la main. Mais les disciples les rabrouèrent. Voyant cela, Jésus s’indigna, il s’énerve carrément ; il leur dit : Laissez les enfants venir à moi ; ne les en empêchez pas, car le royaume de Dieu est pour ceux qui sont comme eux. Ce sont donc ceux qui accueillent le royaume de Dieu qui doivent ressembler aux enfants — c’est-à-dire toute personne, adulte ou non, disposée à recevoir le royaume avec les dispositions propres à l’enfant : simplicité, coniance, absence de prétention à faire valoir. L’enjeu de ce texte n’est pas la candeur ou l’innocence enfantine en ellemême, mais la posture de réception : l’enfant, dans le contexte de l’époque, n’a aucun statut social ni titre à faire valoir — il ne peut que recevoir, sans rien apporter en échange. C’est cette posture de dépendance et d’accueil pur que Jésus donne comme condition d’entrée dans le royaume. Cette posture est celle de la coniance qui est à plus proprement parler le courage de sauter dans la foi de Dieu. L’enfant est celui qui ne parle pas à partir d’un savoir, d’une conviction, mais à partir d’une coniance. L’enfant ose accueillir le mouvement de Jésus, sans savoir, sans le maîtriser, et devient ainsi non pas le modèle du croyant, de l’homme qui croit en Dieu, mais de l’homme en qui Dieu met sa foi. Je suis coniant que cette « foi de Dieu » saura dépasser nos hésitations, nos athéismes, nos agnosticismes, nos quêtes et nos doutes, même nos croyances. Ce que nous savons dire de Dieu et de Jésus, et ce que nous ne savons pas dire de Dieu ou de Jésus, ce n’est que l’occasion pour lui de dire du bien de nous, de nous ofrir sa bénédiction, sans condition. « Perdre la foi », me perdre dans la foi de Dieu, est bien le début du « croire », parce que ce qui nous intéresse dans la foi, ce n’est pas qu’un humain puisse croire en Dieu, mais que Dieu puisse croire en l’humain. Devant Dieu, il vaut mieux assumer d’être « incroyant ». Car selon le témoignage des écritures et des écrits confessionnels protestants, la foi est un acte de Dieu. Comme il nous « prête vie », il prête également la foi – à qui se met à l’écouter. Dieu met sa foi en nous, malgré — et rarement en proitant de — ces diverses croyances que nous pouvons formuler à son égard, à travers notre intelligence limitée, de sa vie et de la nôtre. « Avoir la foi » n’est pas dans nos possibilités ; c’est une liberté divine que nous ne saurons ni posséder ni maîtriser. Cette foi de Dieu signi ie très précisément : Il nous fait coniance. Aussi, chacun peut donner — ou pas — l’hospitalité à la foi de Dieu. Comme on choisit d’aller à la rencontre d’autres personnes, sans pouvoir forcer la rencontre et sans anticiper sur une relation, la même hospitalité vaut pour la foi de Dieu. « Être croyant » n’est donc jamais une condition pour se mettre à l’écoute de la foi de Dieu – et se considérer comme « incroyant » n’est pas une excuse pour ne pas le faire ! Être à l’écoute du Dieu qui parle ne requiert aucune confession de foi ; cette dernière vient seulement répondre, toujours provisoirement, à une Parole reçue en liberté. Croire, pour moi, est ce chemin où souvent je ne me rends compte qu’après coup, par le récit biblique, de ce qui m’est arrivé sur la route. Mes « croyances » sont donc provisoires ; elles me rappellent certes mon histoire spirituelle et celle des compagnons de route qui ont marché avant et avec moi, mais elles ne contiennent pas la « foi ». Ma seule certitude est que si je me relève pour marcher, c’est grâce à Dieu qui met sa foi en moi ; qui croit en moi là où j’ai ne pas le courage de croire ; qui espère là où je n’ai plus d’espérance ; qui aime là où je n’ai pas la force d’aimer.

Amen !

 

Annonces pour la semaine

 

Le 28 août dernier ont eu les obsèques de Monsieur Arjona et Monsieur Berry.

 

 

Mercredi 2 septembre

  • 15h00: Réunion de l’ACAT à Rouvière

 

Jeudi 3 septembre

  • 15h00: Culte au Refuge
  • 20h30: Concert  dans la cadre du festival  » Septembre en musique à Mazamet »  organisé par Agapè. Orgue- violon et soprano au temple de Rouvière.

 

Vendredi 4 septembre

  • 20h30: Concert  dans la cadre du festival  » Septembre en musique à Mazamet » organisé par Agapè. Orgue.

ATTENTION, en raison d’une défaillance technique de l’orgue de SAINT JACQUES, le concert se déroulera à l’Oratoire Temple de ROUVIERE

 

 

Dimanche 6 septembre

  • 10h30 Culte au temple Saint Jacques /  Rassemblement au musée du désert à Mialet 

 

 

 

Agapè:

 

Festival  » Septembre en musique »

ATTENTION, en raison d’une défaillance technique de l’orgue de SAINT JACQUES, les concerts se dérouleront à l’Oratoire Temple de ROUVIERE

Le concert du 18 septembre ne pouvant être déplacé à l’Oratoire est annulé et sera reprogrammé ultérieurement

 

 

Musée du protestantisme à Ferrière

 

Exposition du 26 juin au 1er novembre de  Didier CROS: Papillons / Parpalhòls

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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