Culte du 9 août 2026

Méditation de Rudi Popp

 

 

Colossiens 3, 8-17

Maintenant, vous aussi, débarrassez-vous de tout cela : colère,
emportement, méchanceté, insultes, propos grossiers sortis de votre bouche.
Plus de mensonge entre vous : vous vous êtes débarrassés de l’homme
ancien qui était en vous et de ses façons d’agir, et vous vous êtes revêtus de
l’homme nouveau qui, pour se conformer à l’image de son Créateur, se
renouvelle sans cesse en vue de la pleine connaissance.
Ainsi, il n’y a plus le païen et le Juif, le circoncis et l’incirconcis, il n’y a plus le
barbare ou le primitif, l’esclave et l’homme libre ; mais il y a le Christ : il est
tout, et en tous.
Puisque vous avez été choisis par Dieu, que vous êtes sanctifiés, aimés par
lui, revêtez-vous de tendresse et de compassion, de bonté, d’humilité, de

douceur et de patience. Supportez-vous les uns les autres, et pardonnez-
vous mutuellement si vous avez des reproches à vous faire. Le Seigneur

vous a pardonnés : faites de même.
Par-dessus tout cela, ayez l’amour, qui est le lien le plus parfait.
Et que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ à laquelle vous avez été
appelés, vous qui formez un seul corps. Vivez dans l’action de grâce.

Que la parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse ; instruisez-
vous et reprenez-vous les uns les autres en toute sagesse ; par des psaumes,

des hymnes et des chants inspirés, chantez à Dieu, dans vos cœurs, votre
reconnaissance. Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce
soit toujours au nom du Seigneur Jésus, en offrant par lui votre action de
grâce à Dieu le Père.

Des sondages, il y en a de toutes sortes : sur l’état du monde, de la
politique, des besoins les plus invraisemblables de consommation, sur
toutes sortes de croyances… Une agence avait ainsi interrogé 23.000
adultes dans 22 pays sur les extra-terrestres. Il en ressort qu’une
personne sur cinq pense fréquenter des êtres venus d’ailleurs ! On
retiendra que les hommes sont plus crédules que les femmes à croire aux
aliens (22 % contre 17 %); que les moins de 35 ans sont plus convaincus
que les autres, et ainsi de suite.

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En effet, la « sondagite » aiguë guette notre époque. Les politiques
s’arrachent les études d’opinion tout en feignant les ignorer (surtout
lorsqu’elles sont défavorables). Les journalistes y trouvent une matière
première toujours renouvelée pour leurs commentaires et articles. Les
marketeurs ne peuvent plus s’en passer, allant souvent jusqu’à troquer le
simple bon sens contre le dieu pourcentage.
Des sondages, il y en a bien sûr au sujet de la religion, ses avantages et
inconvénients, ses hauts et ses bas. Je voudrais vous citer ce matin un
sondage dont le résultat pourra éventuellement vous conforter à
continuer de venir écouter l’Évangile au temple : sur tous les continents,
chez les chrétiens (même si c’est vrai aussi chez les juifs et les
musulmans), ceux qui se disent « croyants » consultent plus souvent un
dentiste ; ils attachent plus souvent leur ceinture de sécurité ; ils
s’alimentent plus consciencieusement. Ils boivent, fument et se droguent
moins que ceux qui se considèrent comme mécréants et ils sont moins
concernés par la dépression, le suicide, le crime, les jeux de hasard ou la
délinquance.
Ces sondages, dont on se demande comment ils peuvent «mesurer » le
degré de spiritualité dans tout ça, veulent prouver qu’en étant croyant, on
est plus attiré par l’harmonie, la vie de famille, la simplicité du bonheur
d’avoir sa Bible ou son chat sur les genoux au coin du feu. Bref : La
pratique religieuse ou la spiritualité favoriseraient le bien-être ! Le
sentiment religieux semble s’associer à un esprit ouvert, généreux,
coopératif et agréable.
Prudence ! Rappelons d’abord que la plupart des études soi-disant
scientifiques qui établissent ce type de statistiques sont construites
unilatéralement pour démontrer les bienfaits de la religion. Aussi, ne
soyez pas inquiets si vous n’avez pas vu votre dentiste depuis 3 ans, si
vous n’attachez pas toujours votre ceinture de sécurité, ou si vous sortez
d’une soirée bien arrosée…
Il est pourtant vrai que cet imposant catalogue de vices dont nous avons
lu qu’une partie, adressée aux Colossiens — et pas qu’à eux —, faisant
l’inventaire des éléments qu’il faut « faire mourir », parce qu’en tant que

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Chrétiens, nous sommes «morts avec le Christ aux éléments du monde »,
puisse nous faire frémir ou blêmir.
«Débarrassez-vous de la colère, de l’irritation, de la méchanceté, des
injures, de la grossièreté ; plus de mensonge entre vous ; revêtez des
sentiments de compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de
patience. Supportez-vous les uns les autres, pardonnez-vous mutuellement;
par-dessus tout, revêtez l’amour; que règne en vos cœurs la paix du Christ;
vivez dans la reconnaissance ; instruisez-vous et avertissez-vous les uns les
autres ; chantez à Dieu votre reconnaissance…»
Face à une telle charge d’impératifs, il n’est que normal d’esquiver un peu.
Aussi, j’ai une hésitation spontanée par rapport à ce genre d’injonctions au
bonheur : car s’il suffisait qu’on me dise « sois heureux » pour que je le
sois, ça se saurait…
L’exhortation de l’épître aux Colossiens pose toutefois, en arrière-fond,
une question qui ne devrait laisser personne indifférent : comment faire
en sorte que la vie chrétienne me fasse du bien? Ou plus simplement :
Est-ce que la vie chrétienne rend heureux ? Et si oui, comment ça se
ressent ?
Vous voyez qu’il ne s’agit pas ici d’une question de comparaison, voire
d’une compétition. Devant les statistiques douteuses que j’ai citées en
entrée, il faut le dire d’emblée : un chrétien, une chrétienne n’est
meilleur.e ou supérieur.e à d’autres simplement parce qu’il ou elle est
chrétien; mais tous les chrétiens sont censés être mieux lotis que
d’autres, simplement pour vivre, ou pour vivre simplement, sans esprit de
supériorité, pour « rechercher ce qui est en haut, là où se trouve le
Christ », comme dit l’épître aux Colossiens.
Il ne serait donc pas très utile de prendre ces impératifs pour des
injonctions. Quand vous vous dites, le matin, «Mince, il faut encore être
bienveillant…», ou le soir, «Regardez-moi comme je suis humble ! », ça ne
va pas marcher. Car la réalité d’une « bonne » vie en Christ ne repose pas
sur une loi de moralité, mais sur la grâce de pouvoir vivre sans
obligation de résultat.

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Le fait de vouloir garder un corps sain et une âme pure, de vivre dans le
respect des autres, n’est pas un but en soi, mais la simple conséquence
d’être « dépouillés du vieil homme », d’avoir « revêtu l’homme nouveau», «
d’être renouvelé à l’image de son créateur ».
Comment ça se passe donc dans l’esprit d’un chrétien pour qu’il résiste
aux tentations et aux voies d’égarement qui le harcèlent sans cesse ?
Comment le « costume de l’homme nouveau» nous aide-t-il à franchir les
obstacles qui parsèment le chemin? N’y a-t-il pas une explication
psychologique quand même pour ce comportement idéal que l’épître aux
Colossiens décrit ?
Certains psychologues parlent en effet d’une forme d’émotion positive qui
est provoquée par la parole de grâce. Ils ont notamment montré que la
joie de vivre sans obligation de résultat, ou le recueillement régulier,
favorisent les comportements d’entraide et permettent de penser de
façon plus flexible. Ce type de psychologie dite «positive » ne s’intéresse
pas qu’aux maladies mentales et à ce qui rend l’homme malheureux, mais
essaye de comprendre ce qui le rend heureux.
Les émotions positives auraient alors deux caractéristiques : elles
élargissent l’esprit et le champ des comportements possibles, de sorte
qu’au fil du temps, elles permettent de construire les ressources
nécessaires à un bien-être durable.
Ainsi, des études ont montré que les émotions positives — la joie, le
plaisir, l’enthousiasme, etc. — engendrent une ouverture et une flexibilité
cognitives qui se traduisent de plusieurs façons : on est attentif à de
nombreux événements, on est plus créatif, flexible, dynamique, tolérant,
ouvert aux nouvelles expériences et informations, et on a davantage
tendance à se faire des amis. Une spirale positive est enclenchée.
Il faut donc avoir le courage de poser la question : est-ce que notre vie
d’Église favorise des émotions positives ? Est-ce que la participation au
culte attise ma force intérieure, sur laquelle je peux m’appuyer ensuite
pour agir dignement ?
Finalement, ce n’est peut-être pas si absurde de reconnaître à la
spiritualité biblique une forme d’éducation au self-control, pour apprendre

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à maîtriser mes émotions et prendre sur moi – au lieu de casser la gueule
au type qui vient de me piquer la place sur le parking. La pratique
chrétienne pourrait-elle stimuler une espèce d’autorégulation, qui
m’incite au choix d’actions un peu pénibles sur le coup, mais bénéfiques à
long terme, comme repeindre la cuisine au lieu de se vautrer mollement
sur le canapé ?
Ce n’est donc pas la simple exigence de règles de comportement, ou,
encore pire, la peur d’un Dieu-surveillant, qui ferait fonctionner la vie
bonne ; c’est plutôt la méditation biblique, la prière et la rencontre qui
activent chez le « pratiquant » des zones cérébrales impliquées dans le
contrôle des émotions.
Savoir que Dieu nous veut heureux, qu’il nous a créés pour la joie, aide à
passer aussi par les zones grises et même les vallées sombres de la vie. La
joie est l’expérience d’une plénitude de sens qui ouvre un avenir, tous les
matins. Elle implique la totalité de l’existence humaine. Cette joie est liée
aussi à l’expérience de la rencontre avec l’autre, qui n’est plus à mettre
dans des cases : « Il n’y a plus Grec et Juif, circoncis et incirconcis, barbare,
Scythe, esclave, homme libre, mais Christ : il est tout et en tous. »
Lorsque nous célébrons cette foi de Dieu, la joie s’exprime notamment par
le chant. Se voir et s’entendre ensemble chanter, au culte, même si l’on ne
chante pas forcément juste, est la source d’une joie communicative.
Cela ne veut pas dire, bien sûr, que le chrétien ne connaît plus la tristesse
ou les douleurs. Mais la joie du Christ habite une vie « cachée en Dieu»,
comme dit l’épître, la vie de celui qui sait qu’il est aimé au-delà de toutes
les amours possibles.
C’est pour cette raison que, dans le Nouveau Testament, la joie est aussi
un commandement : «Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur, je le
dis encore, réjouissez-vous ». C’est comme s’il fallait s’exercer à la joie,
pour vaincre l’esprit de tristesse qui nous menace toujours, mais aussi
parce que nous ne pouvons pas priver le monde de la simplicité de cette
joie qui jaillit de la foi de Dieu.

AMEN

 

Annonces

 

Les obsèques de Madame Lucie Albert auront lieu mercredi 12 août à 9h au funérarium du pays mazamétain.

 

 

 

 

 

 

 

Agapè:

Festival  » Septembre en musique »

 

 

 

 

Musée du protestantisme à Ferrière

 

Conférence, samedi 29 août à 18h00:

Salle de médiation du musée.

« À leurs risques et périls: les routes des fugitifs huguenots après la Révocation »par Marianne Carbonnier-Burkard:

Dans les mémoires de réfugiés huguenots, les récits de sortie de France sont le point d’orgue. Certes, le schéma narratif est toujours le même : de la persécution (dragonnades, révocation de l’édit de Nantes) au « refuge » à travers une série d’épreuves, mais les situations et les parcours sont variés, comme aussi les destinataires des récits.

On le vérifiera par trois cas (dont deux de mémoires inédits):

  • Alexandre Savois, de Montauban, parti seul de Castres, âgé de 13 ans, en septembre 1685, arrivé à Amsterdam, via Marseille, Gênes et Cadix, en juin 1686 (mémoires rédigés en 1712)
  • Jean Giraud, de La Grave en Dauphiné, parti avec sa femme, sa sœur et deux enfants, en avril 1686, arrivé en août à Genève (mémoire écrit à Vevey, en janvier 1687)
  • Pierre Faïsses, de Sainte-Croix de Caderle, parti d’Anduze avec son frère en juin 1686, arrivé à Genève en juillet 1686 (mémoires rédigés vers 1700).

 

 

 

 

Exposition du 26 juin au 1er novembre de  Didier CROS: Papillons / Parpalhòls

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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EXPOSITION du  photographe Daniel MORO pour
l’été 2026 autour du thème « Résister – Résistance »

« Des combats de la nature face à l’homme aux luttes sociales, guerres de
libération, engagements culturels et défis intimes face à la maladie ou
l’esprit, découvrez l’hommage photographique à cette force indomptable 
qui refuse de céder. »

Vous êtes chaleureusement invité au vernissage de cette exposition le
vendredi 10 juillet 2026 à 18 heures au temple de Vabre.

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