Culte du 5 juillet 2026

Méditation de Norbert Rouanet

 

 

 Romain 8, versets 9 à 13

Matthieu 11, versets 25 à 30

 

 

 

Les « valeurs morales », quelque chose que je n’aime pas dans la base de la politique de
Donald Trump, comme elles ont favorisé aussi la réélection de Georges Bush.
Bien sur ce n’est pas les seuls , dans d’autres pays , d’autres religions sont aussi prise pour
en compte comme caution ,comme morale.
Ou plus exactement, l’utilisation et la manière dont ils ont utilisé cette notion dans leurs
campagnes tout en restant assez flous, sinon sur la famille et sur la foi, en surfant sur la
vague d’une certaine interprétation de la religion .
Je ne vous demande bien sûr pas de juger leurs valeurs morales, ce n’est pas notre rôle .
mais le fait qu’ils se réclament d’un certain protestantisme et la lecture de l’évangile de
ce jour m’amènent à réfléchir à ce que peuvent bien être nos propres valeurs morales, à la
lumière du
« Salut par grâce au moyen de la foi » tel qu’il est exprimé dans l’épître aux Romains.
« Mon fardeau est léger…» dit Jésus dans notre évangile.
« Mon joug est facile à porter…» dit-il aux pharisiens de son époque.
« Venez à moi vous tous qui êtes fatigués de porter un lourd fardeau et je vous donnerai le
repos. Prenez sur vous mon joug et laissez-moi vous instruire, car je suis doux et humble
de cœur, et vous trouverez le repos pour vous-mêmes ».
« Prenez sur vous mon joug et laissez-moi vous instruire »:
vous voyez bien dans cette expression que ce joug n’est rien d’autre que l’enseignement
de Jésus. Très précisément.
Or, cet enseignement est loin d’être la caractéristique tracassière et ennuyeuse des
pharisiens, tout comme il est loin d’être un manuel de morale !
Et encore moins un système de coercition mentale fondé sur la peur du péché ou la peur
de l’enfer.
Mes origine paysanne me disent, Que le joug a deux fonctions : il permet de diriger les
animaux et de fixer la charge à tirer. Il n’est pas très lourd en soi, tout dépend de la charge
qui y est fixée !
Ailleurs, dans l’A.T., il est utilisé pour parler de l’esclavage, ou de la domination
politique. C’est en portant lui même un joug que Jérémie (27) annonça au roi d’Israël que
Nabuchodonosor allait prendre le pouvoir.
Ésaïe, lui, utilise cette image pour parler de l’esclavage en Égypte !
Dans ces cas-là, la charge peut en être insupportable.
C’est précisément ce que Jésus va reprocher aux pharisiens de son époque :
En enfermant les gens dans un carcan moral très strict qui les oblige à se demander sans
cesse s’ils ne sont pas en train de désobéir à la Torah et à toutes ses prescriptions, ils en
font un esclavage.
Le joug de la loi, si utile, donné à l’homme pour l’amener à la docilité,

devient alors un instrument de torture.
Il n’est plus question de plaisir à porter un tel fardeau, mais seulement de la peine et de la
fatigue qu’il entraîne.
Avec le risque de crier contre le Seigneur qui ose nous imposer une telle charge à tirer,
alors qu’elle n’est imposée que par les hommes, par leur façon de mettre cette loi en
pratique.
Et c’est bien cela que cherche à faire une certaine théologie évangélique :
en imposant la manière dont on doit se comporter dans la vie, sous peine de perdre son
Salut !
Elle fait de l’enseignement de Jésus non seulement un lourd fardeau, un joug pénible à
porter, mais parfois carrément un carcan qui vous enferme et vous cloue au pilori, comme
si le Salut par grâce n’existait pas, ou n’était que du pipeau !
La théologie protestante, lorsqu’elle fait à nouveau dépendre le salut de la Loi, oublie la
grâce. Le Salut par grâce est une libération, non un enfermement !
Il doit être lumineux, libérateur ! C’est à une conviction libératrice qu’il nous invite.
Libératrice pour nous-mêmes, libératrice pour les autres.
Cette conviction, c’est celle du Salut définitivement acquis par la foi.
La foi ne nous délivre pas des œuvres de la Tentation, elle nous délivre des effets du
péché, qui seraient la condamnation par Dieu et la Mort Éternelle.
Elle nous plonge dès aujourd’hui dans la certitude de notre Salut en Jésus-Christ, qui
pardonne nos péchés quels qu’ils soient et nous introduit dès à présent dans la Vie
Éternelle.
C’est cette conviction même qui nous soulage :
c’est dans la foi qu’il faut entendre ce « venez à moi et je vous donnerai le repos ». La foi
nous donne le droit de nous reposer, le droit à la tranquillité de l’âme.
Pour nous délivrer de nos rigidités. Non pas pour faire ce que nous voulons, assurés d’une
impunité totale, mais pour vivre dans la certitude de la promesse :
ne te condamne pas… Tu peux t’en aller, mais désormais ne pèche plus » disait Jésus dans
l’évangile de Jean (8v11) à la femme adultère.
C’est aussi à nous qu’il s’adresse ainsi dans l’Évangile. Non pour porter le lourd fardeau
de nos inhibitions, mais pour nous alléger de celui de nos pires désirs.
A nous de ne pas lier ce fardeau sur d’autres épaules, au lieu d’aider les autres à les porter :
« Malheur à vous aussi, maîtres de la loi! Vous mettez sur le dos des gens des fardeaux
difficiles à porter, et vous ne bougez pas même un seul doigt pour les aider à porter ces
fardeaux » (Luc 11:46)
Pour que les autres connaissent eux aussi le repos en Christ. Allégés et soulagés ! C’est
ainsi que nous devons ressortir du culte le dimanche matin :

allégés et soulagés ! C’est ainsi que devraient nous quitter ceux qui nous ont entendu
témoigner de notre foi :
allégés et soulagés ! Pour cela, il faut les respecter comme ils sont. Et si nos
contemporains nous font plutôt penser à un « troupeau sans berger », sans repères moraux
fixes, est-ce en les emprisonnant dans nos propres critères moraux que nous pouvons les
évangéliser ?
Soulagés nous-mêmes de ne plus avoir à porter ce fardeau pesant, attention à ne pas faire
de nos « valeurs morales » autant de carcans pour y enfermer les autres, avec une rigueur
que nous sommes incapables nous-mêmes d’observer.
Tant il est vrai que nous sommes souvent plus regardants sur le comportement des autres
que sur le nôtre…
« Homme au jugement perverti, ôte d’abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair
pour ôter la paille de l’œil de ton frère ».
Simplement parce que nous n’osons pas nous-mêmes nous avouer ce que tout le monde
peut voir de notre façon de mener notre vie.
Nous sommes bien tous pareils moi le premier, allez ! Aucun pour repêcher l’autre, même
dans l’Église.
« Il n’y a pas d’homme juste, pas même un seul, il n’y a personne qui comprenne,
personne qui recherche Dieu. Tous ont quitté le bon chemin, ensemble ils se sont égarés. Il
n’y a personne qui fasse le bien, pas même un seul (Rom. 3 v 10-12) ».
Nous ne pouvons pas nous délivrer nous-mêmes de notre péché :
« tous ont péché, sont privés de la gloire de Dieu, mais sont gratuitement justifiés par sa
grâce (idem, v 23-24) », c’est ce que Luther avait compris et ce qui lui a permis de
disqualifier toute tentative de se rendre juste par soi-même, y compris par les exercices de
piété, sinon par la foi en la justice divine obtenue en Jésus-Christ,
« lui que Dieu a destiné à servir d’expiation par son sang (idem v 25 ». Cela aussi, ce peut
être un lourd fardeau, lorsque nous considérons que la foi nous donne des devoirs précis
qui obéissent à des principes rigoureux.
Et lorsque nous pensons que l’application rigoureuse de ces principes dans notre vie suffit
à notre sanctification, à nous rendre saints et parfaits aux yeux de Dieu… Non,
« Tous ont péché » ! « Facile à porter», le joug de Jésus est pourtant bien fondé sur un
principe moral, son enseignement n’est pas sans règle.
Les règles de cet enseignement sont toutes entières contenues dans les 2 commandements
d’amour : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta

pensée et de toute ta force » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas
d’autre commandement plus grand que ceux-là » (Marc 12:30-31)
Et l’apôtre Paul d’ajouter : « … en effet, [ tous les autres commandements] se résument
dans cette parole: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». »
(Romains 13:9)
Vivre sa vie selon l’amour, avec imagination et gratitude, c’est autrement plus léger
comme fardeau que l’ensemble des prescriptions d’une loi tatillonne !
Cet enseignement nous oblige à aborder notre prochain tel qu’il est, non pour lui imposer
des valeurs morales, mais pour lui proposer notre amour.
Avec conviction, la conviction de ceux qui sont « sel de la terre et lumière du monde » (Mt
5:13). C’est dans l’amour de Dieu que nous lui apporterons, qu’il trouvera son propre
chemin, sur lequel le Christ l’attend pour alléger son fardeau.
« Venez à moi vous tous qui êtes fatigués de porter un lourd fardeau et je vous donnerai le
repos. Le joug que je vous invite à prendre est facile à porter et le fardeau que je vous
propose est léger ».
Léger comme l’amour, léger comme la grâce de Dieu.

AMEN

 

 

 

Annonces pour la semaine du  5 juillet 2026

 

 

 

 

 

Mardi 7 juillet

  • 18h00  Spectacle association Montagne noire  au temple du Pont de l’Arn
Mercredi 8 juillet
  • 11h, Repas bénévoles Épicerie solidaire à Rouvière

Jeudi 9 juillet

  • 15h Culte au Refuge 

 

Vendredi 10 juillet

  • Vernissage de l’exposition  » Résister Résistance » au temple de Vabre

Dimanche  12 juillet

  • 10h30, Culte au temple St Jacques à Mazamet
  • 10h45 Culte au temple d’Anglès

 

 

 

 

 

 

 

Musée du protestantisme à Ferrière

Exposition du 26 juin au 1er novembre de  Didier CROS: Papillons / Parpalhòls

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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EXPOSITION du  photographe Daniel MORO pour
l’été 2026 autour du thème « Résister – Résistance »

« Des combats de la nature face à l’homme aux luttes sociales, guerres de
libération, engagements culturels et défis intimes face à la maladie ou
l’esprit, découvrez l’hommage photographique à cette force indomptable 
qui refuse de céder. »

Vous êtes chaleureusement invité au vernissage de cette exposition le
vendredi 10 juillet 2026 à 18 heures au temple de Vabre.

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