Culte du 3 ami 2026

Méditation du pasteur Jean-Louis Prunier

Jean 14,1-14

 

« Je crois en Dieu … un petit peu », m’a dit un jour un catéchumène. Que dire de
plus ? Croire en Dieu ? Beaucoup d’entre nous, ici même ce matin au culte, se posent cette
question. Croire en Dieu … peut-être n’est-ce pas possible … on ne le voit pas, on ne l’entend
pas, et on dirait qu’Il n’intervient pas dans la marche du monde. On pourrait même dire qu’Il
s’en moque, tellement le mal qui rôde dans le monde semble crier son absence, son
inexistence. … Quant à le voir, il parait qu’on ne meurt rien qu’à lever les yeux sur lui …
Alors pourquoi nous sommes-nous levés ce matin pour venir au culte, à la rencontre d’un
Dieu dont nous ignorons tout, dont nous ne savons ni où Il est, ni qui Il est, ni ce qu’Il fait, ni
à quoi Il ressemble … ? Peut-être justement pour en savoir un peu plus sur lui.
En définitive nous ne savons rien de Dieu, et pourtant, depuis que l’homme existe,
l’homme parle de Dieu. L’homme primitif est déjà religieux. Mais l’homme n’a pas pu
inventer Dieu : comment aurait-il fait, avec quels moyens conceptuels ? S’il y a un Dieu, c’est
lui qui est venu à la rencontre des hommes, dès l’origine. Au début de l’humanité, Dieu s’est
manifesté dans le vent, dans les arbres, dans les éclairs de l’orage au-dessus des montagnes.
Dans le feu aussi, et dans les rivières et les torrents quand ils débordent. Plus tard, Dieu s’est
manifesté sous l’apparence d’une famille divine, à l’égale de celle des hommes, comme celle
de Zeus ou de Jupiter. Le polythéisme est une des manières qu’a choisi Dieu pour se montrer
aux hommes, en se présentant devant eux selon leur propre image.
Enfin des hommes ont raconté dans la Bible comment Dieu s’était manifesté à eux.
Dieu s’est montré à Moïse, face à face. Dieu a libéré son peuple de l’esclavage égyptien. Dieu
a parlé à l’homme, par l’intermédiaire des prophètes d’Israël.
Mais tout cela n’a pas suffi. Beaucoup disait encore, beaucoup disent encore :
« Comment peut-on croire en un Dieu dont rien ne prouve qu’Il existe, un Dieu invisible et
immatériel, un Dieu absent du destin du monde ? » Alors Dieu nous a envoyé Jésus le Christ,
un homme comme nous, mais parlant avec la voix de Dieu. C’est la dernière étape. Croire en
Dieu n’est peut-être pas possible, mais croire en Christ est possible, puisqu’il est l’un de nous.
Croire en Christ c’est croire en Dieu. Et si nous ne croyons toujours pas en lui, méditons cette
réponse de Jésus à Thomas qui lui demande où est le chemin qui mène à Dieu : « Je suis le
chemin, et la vérité, et la vie. »

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« Je suis le chemin … » : un chemin ? Ceux qui aiment se promener à pied dans la
Montagne noire savent ce que c’est qu’un chemin. Au-delà des cailloux et de la poussière, le
chemin permet de relier un point de départ au but que nous nous sommes fixés. Par extension,
nous avons coutume de dire que nos vies suivent un certain chemin, plus ou moins accidenté,
avec plus ou moins de bifurcations. Alors quand Jésus dit de lui qu’il est le chemin, il parle de
la distance qui nous sépare de là où nous sommes à la place qu’il nous réserve auprès de Dieu.
En général, lorsque nous marchons, nous croyons dur comme fer à la solidité du terrain qui
nous porte, et nous sommes assurés que le chemin va bien dans la bonne direction. Jésus est le
chemin qui croise notre route, nous emmène à sa suite, et nous porte jusqu’à Dieu. Nous
pouvons croire en lui, de toute évidence, pour nous mener jusqu’au bout, jusqu’à

l’accomplissement de toute espérance. Oui, Jésus est le chemin, aussi solide et sûr qu’un
chemin de terre, qui mène à Dieu. « Personne, dit-il, ne va au Père que par moi. »

*

Mais alors, que veut donc nous dire Jésus quand il dit de lui-même : « Je suis la
vérité » ? Et d’abord « qu’est-ce que la vérité ? », dirait Pilate, et derrière lui, toute la
philosophie grecque et maintenant occidentale … La vérité, c’est le contraire du mensonge.
C’est ce qui est vrai, ce qu’on peut croire vrai. Lorsque Philippe demande à Jésus :
« Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit », il ne demande qu’à connaitre la vérité
sur Dieu. Nous sommes tous comme Philippe, si nous pouvions voir Dieu, nous pourrions
reconnaitre sa vérité, la vérité de son existence. Mais ce n’est pas le cas. Alors Jésus répond :
« Celui qui m’a vu a vu le Père. »
Nous aussi nous avons vu le Christ. Nous ne le verrons jamais physiquement, nous ne
cernerons jamais sa réalité historique. Mais nous avons vécu ensemble sa passion, pendant
toute la Semaine Sainte. Nous avons compris à quel point il nous avait aimé pour se laisser
ainsi accuser, condamner et crucifier. Nous voyons le Père à travers cet homme qui meurt en
intercédant pour ses bourreaux. Quelle image étonnante, paradoxale, qui nous montre toute la
vérité sur Dieu ! Dieu n’est donc pas le père fouettard de notre enfance, le Dieu tout-puissant
qui punit aveuglément, même les innocents, donnant la richesse et le pouvoir aux plus
indignes ! Le Dieu de Jésus-Christ se révèle être au contraire un Dieu d’amour, capable de se
sacrifier pour ceux qu’il aime, capable de pardonner à ceux qui lui font du mal.
« Je suis la vérité », c’est le cri de Jésus sur la croix. Jésus qui clame que Dieu est bon
au-delà de ce que nous, les humains, pouvons imaginer. La vérité ultime de Dieu réside dans
ce crucifié car, dit Jésus, « celui qui m’a vu a vu le Père ».

*

Jésus conclut en disant : « Je suis la vie ». Là encore nous sommes devant une
définition impossible. Qu’est-ce que la vie ? Est-ce une étincelle d’origine chimique ou
biologique ? Est-ce la durée d’une existence humaine ? Ou est-ce encore, comme je le préfère,
le courant qui porte, de maman en maman, le souffle originel jusqu’à l’enfant que j’aime ?
Mais Jésus donne une autre définition. Souvenez-vous de ce matin de Pâques où le
tombeau vide niait la mort de Jésus. Jésus est la vie, la vie malgré la mort, la vie malgré nos
contraintes, nos prisons, nos souffrances, la vie malgré toutes nos morts. La vie comme
contraire absolu à la mort. Une vie éternelle, comme éternel est Dieu. Jésus a dit en effet : « Je
suis dans le Père, et le Père est en moi. » Jésus a donc la vie du Père, il vit éternellement de la
vie même de Dieu, une vie qui nous est promise et d’ores et déjà acquise.

*. *
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A vous qui essayez de croire en Dieu, et qui souvent n’y arrivez pas, je vous y exhorte,
mes frères et mes sœurs bien-aimés : ne cherchez pas Dieu là où il n’est pas, ni dans le ciel, ni
sous la terre, ni au-delà des mers. Cherchez-le en Jésus-Christ, celui dont les Évangiles
racontent les hauts faits et livrent les paroles. Celui qui nous a dit : « Je suis le chemin, et la

vérité, et la vie » est le chemin qui mène à Dieu, à travers la vérité de la présence de Dieu sur
la croix, et la vie, en Dieu, qui nous est donnée par la résurrection du Fils.

 

Amen.

 

 

 

Annonces pour la semaine du  3 mai 2026

 

 

 

 

  • Mercredi 6 mai à 14h30, auront lieu les obsèques de  Mr René Massol au temple St Jacques

 

 

 

Mardi 5 mai

  • 14h00 Agapè Animation à Lagoutine : Les multi-facettes de ma vie par Olivier CABROL

Jeudi 7 mai

  • 15h Culte au Refuge

 

Dimanche 10 mai

  • 10h30 Culte  au temple St Jacques

 

APPEL A OBJETS TROUVES AU TEMPLE ST JACQUES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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