Méditation de John Chomel-Doe
Esaïe 37,10-20 et 33-35
Psaume 11, 1-7
Le thème de notre méditation d’aujourd’hui se trouve au verset 3 du psaume
11 que nous venons d’écouter : « Quand les fondements sont renversés, le
juste que ferait-il ? » Cette question guidera toute notre réflexion : lorsque ce
qui soutient notre vie vacille, où cherchons-nous refuge ?
Pour commencer, qui est le juste ? C’est le croyant ou la croyante qui met sa
confiance en Dieu, et cherche à accomplir sa volonté.
Ensuite, dans ce verset, notre vie personnelle, notre société ou notre nation
sont comparées à un bâtiment. Pour tenir, durer et remplir sa fonction, celui-ci
doit reposer sur des fondements solides et inébranlables.
Quels sont donc les fondements qui permettent à une société de tenir ? La
vérité, la justice et l’équité orientent ses principes et ses lois ; la paix, la famille
et l’amitié soutiennent la vie commune. Cette liste n’est pas exhaustive, mais
elle montre combien notre existence individuelle et collective dépend de
réalités que nous croyons acquises.
Qu’est ce qui est capable de renverser ces fondements ? Une invasion
ennemie, une révolution, une guerre civile, une pandémie…
Et en ce qui concerne notre vie personnelle, ou disons l’individu plutôt que la
nation : une maladie, un accident, un décès, un divorce, des problèmes
familiaux… Toutes ces situations pourraient ébranler notre existence.
Si le malheur nous frappait et renversait les fondements de notre vie, comment
réagirions-nous ? Le psaume 11 oppose deux attitudes : chercher une issue par
nos seules forces, ou choisir de nous réfugier en Dieu.
D’abord, au premier verset du psaume, les conseillers de David — car il s’agit
bien d’un psaume du roi David — lui proposent de fuir vers les montagnes.
Cette fuite peut représenter l’abandon : baisser les bras, se cacher et attendre
que l’orage passe. Elle peut aussi évoquer la tentation de chercher seul une
issue, en s’appuyant sur sa propre sagesse sans consulter Dieu.
La seconde réaction exprimée dans le psaume consiste à faire confiance à Dieu
sans céder à la panique. Dieu demeure sur son trône et garde le contrôle des
événements, même lorsque les circonstances nous empêchent de le discerner.
Malgré l’avis de ses proches, qui l’encouragent à choisir la fuite, David affirme
clairement son choix : « C’est en l’Éternel que je cherche un refuge. » Sa
confiance ne nie pas le danger ; elle décide où regarder au cœur du danger.
Faire confiance à Dieu dans nos épreuves, c’est très facile à dire mais moins
facile à faire, et nous allons prendre quelques exemples dans la Bible.
Considérons d’abord le roi Ézéchias, confronté à l’effondrement possible de
tout le pays. Le roi d’Assyrie a envahi Juda : toutes les villes fortes sont
tombées entre ses mains, sauf Jérusalem, et tous les pays alentour ont déjà été
subjugués. À la tête d’une armée de 185 000 soldats, il veut détruire Jérusalem
et emmener le peuple en captivité. Humainement, la situation est désespérée :
la ville ne peut résister à un siège prolongé, avec la famine et la maladie qu’il
provoquerait. Les fondements mêmes de la nation sont donc en danger.
Heureusement, Ezéchias a le bon réflexe d’invoquer l’Eternel dans la prière.
Ézéchias aurait pu chercher une autre issue. Il aurait pu profiter de la panique
pour s’enfuir de nuit par une brèche ouverte dans la muraille et courir vers la
plaine afin de sauver sa propre vie, comme l’ont fait d’autres rois assiégés. Il
aurait également pu se rendre, au risque d’entraîner la destruction de
Jérusalem et du peuple de Dieu. Mais, soutenu par le prophète Ésaïe, il choisit
de demander l’aide de Dieu. La ville est alors sauvée par l’ange de l’Éternel, qui
détruit l’armée ennemie.
Après Ézéchias, considérons Anne, la mère du prophète Samuel, dont les
fondements personnels et familiaux sont ébranlés. Nous l’avons déjà
rencontrée le mois dernier. Vous en souvenez-vous ? Face aux épreuves de la
vie, quel réflexe adopte-t-elle ?
L’histoire d’Anne commence dans un profond découragement. Son mari, le bon
et gentil Elkana, a deux femmes : Anne, sa préférée, qui n’a pas d’enfant, et
Peninna, qui en a. Chaque pèlerinage familial au sanctuaire de Silo ravive le
même drame, car Peninna exaspère Anne en lui rappelant sa stérilité, profonde
humiliation pour une femme de cette époque et source de grandes angoisses.
Pourtant, Anne ne répond pas aux provocations de sa rivale : elle pleure et
répand son cœur devant Dieu. Lors d’un de ces pèlerinages, elle entre dans le
sanctuaire et prie silencieusement. Convaincue que rien n’est impossible à
Dieu, elle ose lui demander la grâce de guérir sa stérilité. Éli, le prêtre, la voit
pleurer et remuer les lèvres ; manquant de discernement, il la croit ivre et veut
la chasser. Anne ne s’offense pas de cette fausse accusation et, une fois les
choses mises au clair, elle accueille la bénédiction du prêtre et repart consolée
et sereine. De retour chez elle, elle conçoit un fils et le nomme Samuel, nom
qui signifie « Dieu a entendu » ou « Dieu a exaucé ». Dans sa fidélité et sa
bonté, Dieu a enlevé sa stérilité. Plus tard, Anne aura cinq autres enfants : le
Seigneur la bénit au-delà de toutes ses attentes.
Tout au long de son épreuve, Anne demeure calme, respectueuse et patiente.
Avant même que sa situation ait changé, son refuge se trouve déjà en Dieu.
C’est comme si elle avait connaissance (avec quelques années d’avance) du
verset 9 du psaume 113 qui dira « l’Eternel donne une maison à celle qui était
stérile, il en fait une mère joyeuse au milieu de ses enfants «.
Sans cette assurance, elle aurait pu, dans sa détresse intérieure, prendre les
choses en main elle-même pour trouver une solution « pratique », ou
« humaine ». Par exemple en donnant sa servante à son mari comme
concubine et avoir des enfants par elle. Après tout, c’était la ligne de conduite
adoptée par la femme d’Abraham, Sara, qui a donné sa servante Agar à son
mari, au lieu de croire aux promesses de Dieu. Les femmes de Jacob ont agi de
la même sorte. Anne, elle, évite ces pièges, et a le bon réflexe de faire
pleinement confiance à Dieu.
Après ces exemples bibliques, revenons à notre propre réalité. Si les
fondements de ma vie, de ta vie ou de notre vie commune sont ébranlés, quel
sera notre premier réflexe ? Où chercherons-nous refuge face à la maladie, au
divorce, à l’accident ou à la perte d’un emploi ?
Ces récits bibliques nous révèlent une vérité profonde : Dieu demeure digne de
confiance, même dans la nuit la plus noire. La foi ne nous promet pas une vie
sans coups ni blessures, mais un refuge lorsque l’épreuve survient. Dieu peut
aussi se servir des difficultés que nous traversons pour fortifier notre foi et
nous apprendre la patience et la persévérance, comme dans l’histoire d’Anne.
Un verset résume clairement cette espérance : « Le malheur atteint souvent le
juste, mais l’Éternel l’en délivre toujours » — Psaume 34, 20.
Si notre foi reste ancrée dans cette promesse de Dieu, le jour se lèvera même
après la nuit la plus sombre. Nous sortirons de l’épreuve peut-être grandis et
plus forts. Quels que soient les défis auxquels nous faisons face aujourd’hui,
ayons donc ce bon réflexe : mettre toute notre confiance en l’Éternel.
Amen !
Annonces pour la semaine
Mardi 20 octobre
- Les Mardis d’Agapè: 14h30, » Vivaldi » par Béatrice Meilland à Rouvière
Jeudi 22 octobre
- 15h00: Culte au Refuge
- 20h30: répétition Chorale
Samedi 24 octobre
- Mariage de Sophie Blanc au temple St Jacques
Dimanche 25 octobre
- 10h30 Culte unique du consistoire au temple de Brassac
Vendredi 30 octobre
- 19h00 Soirée d’Automne organisée par Agapè

Musée du protestantisme à Ferrière
Exposition du 26 juin au 1er novembre de Didier CROS: Papillons / Parpalhòls
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