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Culte du 24/09/2023 à Labastide Rouairoux/ Kermesse
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MATTHIEU 20, 1-16
« Elargis l’espace de ta tente » était le fil conducteur de la journée de rentrée de notre paroisse la semaine dernière. Cette parole n’a de sens que si elle n’est accompagnée du « vivre ensemble » dans la différence, la paix, l’amour, la fraternité et la reconnaissance mutuelle. C’est l’espérance d’un monde nouveau ici et maintenant. Mais aujourd’hui ce Royaume de bonheur reste un simple mot, semble utopique tant que la guerre, la jalousie, la toute-puissance et l’indifférence dominent notre vie, notre monde. Mais viendra-t-il un jour ? Certains y croient, d’autres veulent bien y croire mais c’est difficile d’ignorer de la réalité. Et qu’en est-il de nous ? Quel genre de Royaume nous aimerions espérer ?
Ce matin l’Evangéliste Mat nous fait voyager de l’autre côté de la Méditerranée pour découvrir une autre représentation, une autre image d’un royaume appelé le Royaume des cieux. Le Royaume de Dieu n’est pas loin, il est à venir mais il est déjà là, au milieu de nous dit Jésus. Mais au fond, à quoi pourrions-nous le comparer et le reconnaitre?
Jésus emploie des histoires tirées de la vie quotidienne pour enseigner, pour interpeller son auditoire. Cette parabole est propre à Mathieu qui nous place devant un texte doté de caractère polémique surtout si on devait l’appliquer aujourd’hui dans le monde de l’emploi où le salaire est proportionné au travail accompli. Cette parabole est une histoire invraisemblable !
Tout d’abord, existe-t-il un maitre de maison appelé employeur qui accepterait de sortir de son bureau quatre fois dans la journée (toutes les trois heures) pour recruter des salariés ? Ici il n’est pas nécessaire de postuler à un emploi ni de fournir un CV ni de passer une annonce ni de préparer un entretien d’embauche pour avoir un travail. C’est le patron lui-même qui vient à la rencontre du candidat sans exiger aucune compétence ni expérience. C’est lui qui se déplace à la recherche des ouvriers.
Ensuite, remarquons qu’il ne fait exception de personne, aucune mention du genre ni obligation vestimentaire. Seul un contrat de travail conclut l’accord entre les deux parties : « un denier par jour ». Ce n’est pas écrit sur papier mais c’est une parole donnée, c’est la preuve d’une confiance réciproque. A l’époque de Jésus, un denier était l’équivalent d’un salaire journalier d’un ouvrier agricole avec le lequel on pouvait faire vivre quatre personnes pendant vingt-quatre heures. Cette histoire me fait penser à tous ceux qui n’ont pas de salaires fixes qui tombent tous les mois mais qui n’ont pour subsister que ce qu’ils gagnent chaque jour par leur travail. Pas de congés payés ni de retraite ni avantages sociaux (aucune allocation ni familiale ni chômage). C’est le cas des enfants, des femmes, des hommes qui vivent dans la misère et la précarité aussi bien dans les pays riches que pauvres notamment en Afrique.
C’est vivre au jour le jour. N’est-ce pas ce que nous apprend Jésus par la prière qu’il a enseignés à ses disciples. « Donne-nous notre pain d’aujourd’hui » mais pas demain. « Donne-moi » ce dont j’ai besoin pour vivre chaque jour. Vivre au jour le jour appelle à la confiance, à ne pas nous soucier du lendemain. Chaque jour suffit sa peine dit Jésus. Ce qui importe c’est de vivre pleinement le présent dans la confiance avec Dieu avec les autres. Demain ne m’appartient pas mais à Dieu.
Dans cette parabole, le patron donne le même salaire aux ouvriers qui ont commencé à la dernière que la première heure. Mais les premiers ne sont pas d’accord. Ils se sentent lésés car le comportement du maitre à leur égard est injuste. Ils disent : « Ces ouvriers engagés en dernier n’ont travaillé qu’une heure et tu les as payés comme nous qui avons supporté la fatigue d’une journée entière de travail sous un soleil brûlant ! ». Mais ils ont raison de râler ! Il y a de quoi à être mécontent !
En effet, l’égalité des salaires est considérée comme un signe d’inégalité de traitement. Ne sommes-nous pas d’accord avec eux ? Là où ça pose problème c’est la générosité du maitre envers les derniers ouvriers n’est-ce pas ? Car au fond, la bonté du maitre envers les laissés pour comptes, les plus petits de nos frères n’est pas perçu comme une bonne nouvelle réjouissante mais au contraire comme une injustice qui provoque une certaine souffrance intérieure, un mal être.
Le texte ne nous dit rien qui sont ces ouvriers de la dernière heure. Il ne dit rien ni pourquoi ils sont restés sans travail, ni où ils étaient au passage du maitre cherchant à plusieurs reprises de nouveaux ouvriers. La seule chose que l’on sait c’est que personne n’est venu les voir pour les embaucher. Remarquons que le maitre n’a pas dit aux ouvriers de la dernière heure combien ils vont être payés. Le texte ne précise pas le salaire mais simplement « Allez dans la vigne, vous aussi ». Ce qui signifie : je te donne ma parole, aie confiance, je te donnerai ce dont tu as besoin pour vivre aujourd’hui.
C’est difficile de sortir de notre logique, celle qui aveugle aussi les ouvriers de la première heure. Le maitre de maison est comparable à Dieu. Celui qui vient à notre rencontre, qui nous cherche et nous invite à accueillir son Royaume.
Si aujourd’hui, nous nous sommes réjouis de la grâce de Dieu envers nous, les infréquentables, les chômeurs de longues durées, les victimes d’une discrimination raciale, sexiste, homophobe, par l’âge ou selon l’état de santé, le Royaume du bonheur ne sera pas utopique mais sans doute une réalité.
Si nous essayons de changer de regard pour regarder d’un bon œil, c’est-à-dire rejeter toutes murmures de jalousie, si nous essayons de changer de comportement pour ne pas perdre notre temps ni énergie pour des broutilles, si nous reconnaissons l’autre indépendamment de ses qualités, sa force, sa quantité de travail, et si nous accueillons la présence de Dieu dans l’autre, c’est déjà le signe du Royaume de Dieu qui s’accomplit véritablement au présent en Jésus-Christ. Amen.
Jeudi 28 Septembre : A 15 h : culte au Refuge.
Dimanche 1er Octobre: culte à 10 h 30 au Temple de Calmon
A 10 h 30 au Temple de Castres, culte d’installation de la nouvelle Proposante Isabelle Bouche.