Culte du 22 mars 2026 avec le baptême de Lucilia

Méditation du pasteur Jean-Louis Prunier

Ezéchiel 17, 1-14

 

Le monde ne va pas très fort, n’est-ce pas ? Il n’est pas utile que je vous rappelle les
douloureux moments que nous passons à voir et à écouter les malheurs des uns, les violences
des autres, les cris des victimes. Nous savons tout ça. Et pouvons-nous compter sur les
Églises, la nôtre de préférence, pour nous aider à passer au-dessus de ces pénibles nouvelles
quotidiennes ? L’Église est-elle encore capable de dire à un monde sécularisé et matérialiste
qu’il y a une piste pour en sortir et que cette piste, c’est l’Évangile ?
Mais c’est que notre Église a elle aussi ses propres problèmes. On ne peut pas dire
sans mentir que tous les postes pastoraux sont occupés, alors que nous n’aurons bientôt qu’un
seul pasteur pour tout le Tarn. Notre monde va mal, et notre Église ? Est-elle en train de
mourir ? N’est-elle plus que cette armée de squelettes blanchis au fond d’une vallée d’ombres
et de mort ? N’est-elle pas déjà morte, à l’instar du peuple d’Israël vaincu, et de son temple
détruit ? Comme le peuple d’Israël, notre Église semble n’avoir d’autre avenir que le
cimetière des croyances mortes, le champ d’ossements de paroles inutiles et vidées de leur
sens.

*

Une fois ces constatations bien établies, il ne s’agit pas de sombrer dans la morosité
mais de prendre le problème à bras le corps et de poser la question : Comment faire renaître
notre Église, et avec elle notre monde ? Comment témoigner à nouveau de l’Évangile dans
une société déchristianisée, dans un monde qui part en loque, mais qui ont l’un comme l’autre
besoin d’entendre le message libérateur de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ ? Je pense que
Dieu, notre Dieu, pose la même question à Ézéchiel, son prophète : « Humain, ces ossements
pourront-ils revivre ? »

*. *
*

Et Dieu dit à Ézéchiel : « Parle en prophète sur ces ossements. Tu leur diras d’écouter
la Parole du Seigneur, une parole de grâce, d’amour, d’espérance, de résurrection. Une parole
de vie, même si la mort rode, une parole silencieuse, parmi les ossements épars dans la
vallée. »
Ézéchiel est chargé par Dieu d’annoncer au peuple sa résurrection, en tant que peuple.
Dieu charge aujourd’hui ses prophètes, dans notre consistoire comme dans tous les autres
consistoires, d’annoncer à l’Église sa résurrection en tant qu’Église. Une parole prophétique
n’est jamais une parole en l’air, c’est une Parole de Dieu mise dans la bouche d’un humain
pour que tous ceux qui l’entendent y croient. C’est une parole d’autorité, qui ne se discute
même pas. C’est une parole qui va souvent à l’encontre des idées reçues, à la rencontre du
silence et de l’inaction d’une Église qui parait morte et décharnée. Dieu aurait-il suscité son
Église pour qu’elle meure par sa propre faute ? Notre Église aurait-elle perdu confiance en ce
Dieu vers qui elle se tourne, dimanche après dimanche, dans l’adoration et la prière ? Allons,
allons, frères et sœurs, je fais aujourd’hui œuvre de prophète : Dieu ressuscitera son Église,
car « Ainsi parle le Seigneur, j’ouvre vos tombes, je vous ferai remonter de vos tombes, Ô
mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël. Ainsi vous saurez que je suis le
Seigneur, votre Dieu. »
Mais cela ne se fera pas d’un coup. Ézéchiel nous signale deux étapes.

*

D’abord, il faut que Dieu mette de la chair et des tendons sur les vieux os après les
avoir rassemblés. Ce message est clair pour nous aujourd’hui. Notre Église doit avoir plus de
chair, plus de membres. Pour cela il faut la réunir, la rassembler comme aujourd’hui. Lors
d’un culte comme celui-ci, avec le baptême de Lucilia, notre Église prend corps, elle prend
figure d’un organisme vivant, elle devient ce qu’elle a le devoir d’être : le peuple du Seigneur
notre Dieu. Pour cela il faut aussi évangéliser, n’avoir pas peur de dire à ceux qui ne le savent
pas encore qu’un Dieu les attend, qu’il les aime. C’est Dieu qui nous cherche, c’est lui qui
nous rassemble. C’est lui qui fait de nous son peuple, ici et maintenant.

*

Il manque pourtant toujours quelque chose. Même lorsque nous serons mille ou dix-
mille rassemblés à l’écoute de sa Parole, nous ne serons toujours que des êtres de chair, une
Église, une institution bien organisée. Si nous n’avons pas le souffle, nous restons de simples
cadavres sans vie. Le souffle, l’Esprit, le vent, c’est le même mot en grec comme en hébreu.
Voilà donc la deuxième étape : « Ainsi parle le Seigneur Dieu : Viens des quatre
vents, ô souffle ! Souffle sur ces cadavres, et qu’ils revivent !
Je ne crois pas que cette parole nous renvoie à ce qui se passe au sein de certaines
Églises très charismatiques, où l’on prend à la lettre l’irruption imagée de l’Esprit Saint à la
Pentecôte. Je crois plutôt que ces mots nous renvoient à la création d’Adam, cet être de
poussière dans les narines duquel Dieu a soufflé, lui donnant la vie.
Là encore une parole prophétique s’impose : « Parle en prophète, humain, tu diras au
souffle : viens des quatre vents, ô souffle ! Souffle sur ces tués, et qu’ils revivent ! » Et moi,
avec vous, Église de prophètes, je demande à l’Esprit Saint : Viens des quatre vents, ô Esprit
de Dieu, sur notre Église, et qu’elle revive ! »

*

Pour finir, ce texte contient une parole pour l’humain, pour chacun d’entre nous, ce
matin et tous les autres matins. Et c’est une parole de résurrection, de passage de la mort à la
vie. Une Parole de Pâques ! Pourtant, Jésus ne naitra que 500 ans plus tard ! Et c’est là, à mon
sens que réside la vraie prophétie d’Ézéchiel, il nous parle, à nous, d’une résurrection d’avant
Pâques, car même s’il n’a pas connu Jésus, il a reçu à dire une Parole éternelle d’un Dieu
éternel.
Au fond, la prophétie d’Ézéchiel annonce le Christ, la croix, la résurrection de Pâques.
Une prophétie qui nous est donc adressée à nous, aujourd’hui, dans ce temple de Mazamet, à
l’occasion du baptême de la petite Lucilia. Cela ne nous rappelle-t-il pas cette parole de
l’évangile de Jean que nous avons dite à propos de ce baptême : « Dieu a tant aimé le monde
qu’il a donné son Fils, son unique, afin que tous ceux qui croient en lui de périsse pas, mais
aient la vie éternelle. »

*. *
*

Le Livre des Proverbes (Pr 17, 22) dit :

« Un cœur joyeux favorise la guérison,
Un esprit déprimé dessèche les os. »

Ézéchiel se fait prophète de l’espérance contre le désespoir, de la vie contre la mort.
Le peuple de Dieu, son Église, vivra. Car le Dieu d’Israël est le Dieu vivant, le Dieu de toute
vie. Il a donné la vie à l’humain, au peuple, à l’Église. Il est capable de faire revivre, de
recréer, de ressusciter sa création si telle est sa volonté.

Alors, frères et sœurs, ne prêtons pas trop d’attention aux prophètes de malheur, mais
plaçons plutôt notre confiance en ce Dieu qui nous aime, qui nous fait vivre ces moments de
pure convivialité autour de Lucilia, à l’écoute de sa parole, en présence de son Fils, notre
Seigneur.
Sans être le prophète Ézéchiel, j’ai une parole pour vous de la part de Dieu, qui
m’envoie vers vous : Notre monde est vivant, bien vivant, puisque Dieu en est le créateur.
Notre Église est active dans le monde, contre le mal qui le mine, puisqu’elle appartient à
Dieu, en Jésus-Christ, son seul chef. L’humain croyant, frère ou sœur du Christ, fille ou fils
de Dieu, passe de la mort à la vie, puisque le souffle de Dieu l’anime, puisque le Christ en
croix lui a ouvert le chemin d’éternité.
Notre monde a besoin de Dieu, pour que l’humain ne le détruise pas.
Notre Église se retrouve et se réunit toujours. Avec bonheur, parce que Dieu l’aime et
la soutient.
Nous sommes vivants pour l’éternité, parce que Dieu, notre père céleste, aime chacun
des ossements ressuscités de son peuple, comme il aime chacun de nous, bien vivants,
éternellement.

 

Amen.

 

 

Annonces pour la semaine du  22 mars 2026

 

 

 

Mardi 24 mars

  • 14h30 Agapè Animation à Lagoutine : « La franc-maçonnerie » par Franck MORON

 

Jeudi 26 mars

  • 15h Culte au Refuge
  • 17h Confection des oreillettes à La Tourette

 

Vendredi 27 mars

  • 13h30 Confection des oreillettes à La Tourette

 

 

Samedi et Dimanche 28 et 29 mars:

  • Journées paroissiales au Palais des Congrès de Mazamet
  • Attention , pour le concours de biscuits secs pensez à vous inscrire au préalable avant le  26 mars auprès de Christian Lauverjat.

 

 

 

Ecoutez le Carême protestant sur France Culture

Durant le temps du Carême, l’émission radio SOLAÉ sur France Culture, vous donne un deuxième rendez-vous hebdomadaire, les dimanches après-midi ! Du 22 février au 29 mars à 16h, retrouvez SOLAÉ, le Carême protestant avec la pasteure Nathalie Chaumet de l’Église protestante unie de l’Étoile.

Les six émissions exploreront plusieurs gestes issus de l’Évangile de Luc, témoignant de l’élan donné par l’espérance en Christ à des hommes et des femmes refusant la désolation. En marche vers Pâques, ils nous inspirent le courage d’être, habités par la reconnaissance et la joie :

  • 22 février : « Jeter le filet »
  • 1er mars : « Porter le brancard, ouvrir le toit »
  • 08 mars : « Répandre le parfum, donner sans compter »
  • 15 mars : « S’accrocher à la vie en un geste »
  • 22 mars : « Se moquer, frapper »
  • 29 mars : « Se lever, se relever »

📻 Ne manquez pas la première des six émissions diffusée hier ! Les six conférences seront ensuite disponibles en podcast sur France Culture.

Elles seront également rediffusées les lundis suivant sur Fréquence protestante.

📘 Un livre reprenant ces émissions est disponible.

 

Carême protestant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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