Méditation de John Chomel-Doe
1 Samuel 1 , 1-20
2 Rois 4 , 1-7
Le mois dernier nous avons analysé le comportement du roi ASA et comment,
dans les difficultés de la vie, quand il avait le bon réflexe d’invoquer le nom de
l’Eternel avec confiance, Dieu était au rendez-vous. En revanche, chaque fois
que le roi n’en faisait qu’à sa tête, sans consulter Dieu, ça tournait mal. Nous en
avons tiré quelques enseignements, en particulier de soumettre nos
problèmes, nos inquiétudes, nos projets à Dieu, et mettant toute notre
confiance en lui, surtout si humainement parlant notre situation semble
difficile, voire impossible.
Aujourd’hui nous allons étudier le cas de 2 dames dans la Bible : Anne, la
maman du prophète Samuel, le dernier juge d’Israël, et la veuve – nous ne
connaissons pas son nom – qui consulte le prophète Elisée. Dans les défis et les
épreuves de la vie, quels réflexes adoptent-elles ?
L’histoire d’Anne commence dans une période de profond découragement ;
son mari, le bon et gentil Elkana, a 2 femmes, Anne sa préférée, qui n’a pas
d’enfants, et Peninna qui en a. Les pèlerinages familiaux au sanctuaire de Silo
donnent chaque année lieu au même drame familial, car Peninna exaspère
Anne en lui rappelant sa stérilité (une profonde humiliation pour une femme à
cette époque). Anne ne réagit pas aux provocations de sa méchante rivale. Elle
sait que s’irriter ne résoudra pas son problème. Elle pleure et répand son cœur
devant Dieu. Lors d’un de ces pèlerinages, Anne se rend dans le sanctuaire, et
fait des prières silencieuses. Anne sait que rien n’est impossible à Dieu, et ose
lui demander une grâce spéciale ; ceci est sans aucun doute le bon réflexe. Eli,
le prêtre du lieu, la voyant pleurer et remuer les lèvres, manque de
discernement et la croit ivre, et veut la chasser du sanctuaire. Anne ne
s’offense pas devant ces fausses accusations. Sa bonne réaction face à l’homme
de Dieu lui vaut une bénédiction et elle retourne consolée et sereine. De retour
chez eux, Anne conçoit un fils et le nomme Samuel, ce qui veut dire « Dieu a
entendu » ou « Dieu a exaucé ». L’enfant sevré, elle l’amène à Silo le présenter
devant Dieu, pour qu’il y demeure pour toujours. Elle remercie le Seigneur avec
un magnifique chant de louanges. Plus tard, elle aura 5 autres enfants, une
deuxième bénédiction. Le Seigneur l’avait béni au-delà de toutes ses attentes.
C’est véritablement une « happy ending ».
Si l’histoire d’Anne est peu étudiée, le miracle avec l’huile de la veuve est bien
connu, c’est un texte biblique bien-aimé de tous. Mais d’abord un mot sur le
contexte historique et sociétal, important pour comprendre la situation. Nous
sommes 200 ans plus tard, et Joram est roi en Israël. C’est un assez mauvais roi,
toutefois pas aussi mauvais que son père, Achab, décédé quelques chapitres
plus tôt. Et moins épouvantable que sa mère, la reine sorcière Jézabel, qui sera
mangée par des chiens devant la muraille de la ville, quelques chapitres plus
loin, en accomplissement de la prophétie la concernant.
Achab et Jézabel avaient lancé une grande persécution contre les serviteurs de
l’Eternel et, dans ce contexte, on peut supposer que ce n’est pas parce que le
mari de la veuve a mal géré ses affaires qu’il a laissé des dettes, mais parce que
la vie était très difficile matériellement parlant pour les prophètes de l’Eternel à
l’époque. Il était très certainement parmi le petit nombre de véritables fidèles
encore dans le pays.
En tout cas, dans notre passage la veuve fait face à un défi terrible : si elle ne
rembourse pas ces dettes, ses enfants seront réduits en esclavage.
Le prophète Elisée fait une proposition à première vue bizarre ; il lui dit d’aller
en ville emprunter ou récupérer autant de bouteilles vides que possible.
Ensuite, en fermant la porte de sa maison, de les remplir en versant dedans le
petit peu d’huile qui restait dans la maison.
Même si ce que propose le prophète semble étrange, la veuve et ses fils ont le
bon réflexe de croire à ses paroles, toute la famille participe à la tâche, et
bientôt tous les vases qu’ils avaient trouvés sont pleins, et bien rangés sur les
étagères, et l’huile qui coulait miraculeusement s’arrête. La veuve va
immédiatement chercher Elisée, qui lui dit ce qu’elle doit faire, c’est-à-dire
vendre les vases d’huile.
Le résultat est double : d’abord, la famille a de quoi rembourser les dettes et,
en plus, de quoi vivre à partir de là avec l’argent qui restera une fois les dettes
acquittées. Autrement dit, une double délivrance, aussi bien pour l’avenir que
pour le présent.
Il y a clairement des vérités profondes et des enseignements pratiques pour
nous dans ces textes :
Première Leçon : Dieu veut que notre foi en Lui soit humble et sans hésitation.
Tout comme la confiance qu’un enfant a en ses parents, sans trop discuter,
sans trop questionner, mais prête à obéir et faire le premier pas même si cela
parait incompréhensible sur le coup.
Dans le cas d’Anne, elle reste calme, polie et patiente, et ne réagit pas aux
insultes de sa rivale ni aux accusations du prêtre ; elle se concentre sur la prière
et fait confiance à Dieu.
Dans sa détresse intérieure elle aurait pu prendre les choses en main elle-
même pour trouver une solution « pratique », par exemple en donnant sa
servante à son mari comme concubine et avoir des enfants par elle. Après tout,
c’était la ligne de conduite adoptée par la femme d’Abraham, Sara, qui a donné
sa servante Agar à son mari, au lieu de croire aux promesses de Dieu. Les
femmes de Jacob ont agi de la même sorte. Anne, elle, évite ces pièges, et reste
confiante dans la prière.
Concernant maintenant la veuve, j’essaie parfois de me mettre à sa place. Je
sais que les époques ont beaucoup changé, mais si un homme de Dieu, un
pasteur, me conseille de la part de Dieu – si j’ai des dettes à rembourser – de
ramasser ou d’emprunter dans les rues de Mazamet autant de bouteilles vides
que possible, et d’y verser le peu de l’huile d’olive qui me reste à la maison, je
ne suis pas sûr que mon raisonnement de banquier me permette d’obéir…
Quoi qu’il en soit, en m’appuyant uniquement sur la raison humaine dans une
telle situation, il est clair que je risquerais de passer à côté d’une bénédiction
magnifique.
La veuve, elle, a humblement fait confiance, même si la proposition d’Elisée
paraissait étrange, et elle a été richement récompensée.
Notez aussi que notre veuve et ses deux fils doivent tous agir, participer, aller
chercher les vases et les remplir ; une fois les instructions données, ce n’est
plus une question d’attendre passivement sans lever le petit doigt. Un effort
personnel devient nécessaire ; il faut mettre sa foi à l’épreuve et ensuite Dieu
accomplit le miracle.
Donc, pour résumer, le bon réflexe est de faire pleinement confiance à Dieu, et
d’obéir humblement à sa voix, que ce soit dans l’attente ou dans l’action. Et
maintenant pour terminer :
Deuxième leçon : Dieu nous aime, nous ses enfants, et veut nous bénir au-delà
de nos espoirs et de nos attentes.
Après la naissance de Samuel, et sa consécration à l’Eternel, Anne a eu encore
3 fils et 2 filles ; une vraie grande famille.
La veuve, elle, priait pour que ses dettes soient remboursées et que ses enfants
ne soient pas mis en esclavage ; Dieu lui a accordé cela, et en plus a fourni
suffisamment de moyens à la famille pour vivre à partir de là.
Autrement dit, nos 2 héroïnes ont eu chacune deux bénédictions, alors qu’elles
n’avaient demandé qu’une seule chose. Car elles ont eu le bon réflexe
d’invoquer le nom du Seigneur avec confiance, et de mettre leur foi en
pratique, que ce soit en attendant patiemment, sans se laisser provoquer, ou
en suivant les instructions du prophète, même si ça paraissait bizarre
humainement parlant.
Dieu, lui, savait de quoi elles avaient vraiment besoin, et dans son grand amour
a fait – comme dit Paul dans l’Epître Aux Ephésiens – « infiniment au-delà de
tout ce que nous demandons ou pensons ».
Merci Seigneur.
Amen !
Annonces pour la semaine
Les obsèques de Madame Marie-Françoise Farenc auront lieu lundi 14 septembre à 10h au cimetière de St Amans Soult
Les obsèques de Madame Marie-Françoise Viallat auront lieu mercredi 16 septembre à 14h30 au temple du Bousquet.
Les obsèques de Monsieur Jean-Marie Girma auront lieu mercredi 16 septembre à 15h au cimetière de Prouille.
Jeudi 17 septembre
- 15h00: Culte au Refuge
- 16h00: Culte à l’EHPAD de St Amans
- 18h00: Groupe œcuménique de prières
Samedi 19 septembre
- 14h30: Journées patrimoine : Musée de Ferrières, conférence: « Affaire Sirven » par Marc Galtier
Dimanche 20 septembre
- 10h30 Culte de rentrée au temple Saint Jacques
- 14h30 Journées patrimoine : Musée de Ferrières, marche dans Ferrières : temple de Rouffignac et église St Jacques
Musée du protestantisme à Ferrière

Exposition du 26 juin au 1er novembre de Didier CROS: Papillons / Parpalhòls
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