Culte du 6 septembre 2026

Méditation de Norbert Rouanet

 

 

Matthieu 16 : 21 – 28

 

Frères et sœurs Jésus ne nous dit pas que des choses agréables à entendre, il ne prétend
pas que notre vie de croyant va être un long fleuve tranquille qui s’écoulerait au pays des
Bisounours …
Rien ne nous prépare en réalité à la justesse du témoignage et aux conséquences qu’il peut
avoir sur nos vies. Le constat est assez brutal d’ailleurs, et Jésus lui-même n’y met pas trop
les formes.
Quand Pierre, champion de la confession de foi ajustée comme nous l’avons vu dimanche
dernier, refuse tout à coup d’accepter ce que Jésus annonce :
ses souffrances, sa mort prochaine suivie de sa résurrection, et essaie même de le
détourner de ce qui est pourtant son chemin inéluctable, Jésus le traite de Satan et le chasse
!!!
Et dans la foulée il annonce aux disciples qu’il leur faudra porter leur croix, et ne pas
chercher à sauver sa vie mais au contraire, la perdre !! …
Jésus veut-il faire de ses disciples des kamikazes, des ultras de la foi qui vont au devant de
la mort le sourire aux lèvres ?
Souhaite-t-il la mort de ses fidèles ?
On sait bien : à quels excès ce genre d’appel peut conduire :
les attentats suicides, les autopunitions du vendredi saint …
Voilà qui nous fait frémir.
Pourtant ce n’est pas vers une mortification volontaire que Jésus nous envoie, mais vers
une vie déprise d’elle-même c’est à dire dégagée de l’emprise ,d’un lien d’une habitude ou
d’une influence .
En nous engageant à la suite de Jésus, il nous faut apprendre à en accepter, et en assumer
les conséquences éventuelles.
Je pense à ces 6 jeunes humanitaires qui ont été assassinés il y à quelques années , je crois
en 2020 avec leurs deux guides au Niger.
Peut-on imaginer qu’ils y allaient avec en tête la pensée qu’ils allaient mourir ?
Y allaient-ils pour cela ?
Certes non ! Ils y allaient avec au cœur un désir fervent de servir, de s’engager auprès de
celles et ceux qui sont dans la détresse la plus profonde.
Ils ne sont pas partis pour mourir. Mais ils sont morts parce qu’ils sont partis, allant
jusqu’au bout de leur engagement.
Cela n’enlève rien à l’absurdité complète de leur mort, mais cela dit tout de leur sens de la
responsabilité envers ces habitants du monde vers qui ils allaient avec toute leur
générosité. C’est cela que Jésus annonce à ses disciples :
leur engagement à sa suite comporte des risques, vitaux.
Et certains des apôtres le paieront effectivement de leur vie.

Et l’on ne s’engage pas dans les pas du Christ pour mourir et devenir ainsi des héros, des
martyrs.
Mais Jésus prévient qu’à sa suite il va nous falloir abandonner nos conforts et nos
routines. Il va nous falloir nous ouvrir à l’inconnu, le dérangeant, le danger peut-être, pour
laisser s’épanouir toute notre créativité, pour entrer dans le mouvement même de la vie.
La foi que Jésus préconise est nomade, elle se vit là où se rencontre le frère, la sœur en
demande, en attente, en souffrance. Et ce lieu – là est toujours à redécouvrir, il ne se
décrète pas une fois pour toute.
Jésus ne veut pas de nos sacrifices. Il ne les comprend pas comme nécessaires à une
quelconque démarche de salut. Ils ne sont pas à rechercher dans un désir d’absolu. Ils n’ont
pas de prix par eux-mêmes.
Mais il attire notre attention sur les nécessaires renoncements qu’un compagnonnage
effectif avec lui peut induire. A la suite de Jésus, ses disciples ont abandonné leur stabilité,
leur sécurité, leur confort …
Ils ont ainsi déplacé leur centre de gravité, leur centre de vitalité, ailleurs, dans la
confiance que, quoi qu’il arrive, ce qui importe c’est de tenir la visée de ce que le Christ
attend de nous :
être des femmes et des hommes de terrain, engagés dans notre monde au nom d’un idéal
de vie, d’amour et d’espérance qui ne se laisse pas éteindre, ni par nos habitudes
ecclésiales, ni par nos conforts personnels, ni par nos craintes.
Pourtant nous le savons bien, malgré notre désir de suivre le Christ nous sommes souvent
freinés, par nos peurs de mal faire, de mal dire, il nous faut oser nous investir, innover,
témoigner …
il nous arrivera certainement de nous tromper, comme Pierre, de flancher, mais nos textes
d’évangile ou du livre des Actes nous montrent combien malgré les ratages, les
incompréhensions, les trahisons, les peurs, la présence du Christ, de l’Esprit saint a
accompagné ces hommes et ces femmes dans leur aventure de la foi et du témoignage. Ce
matin nous pensons aussi à toutes les victimes des guerres de religion dans les Cévennes
ou ailleurs dans le monde .
Oui, ce que Jésus nous demande est exigeant. Mais ce n’est qu’à ce prix que notre
témoignage aura la vigueur nécessaire à l’émergence de ce royaume que nous appelons de
nos vœux. Assumons avec confiance la précarité, l’incertitude qui est le quotidien du
disciple.
Ne mesurons pas notre engagement à la lumière de ce que nous croyons être
nos forces. Car nous sommes au bénéfice d’une promesse sur la fidélité de laquelle nous
pouvons nous appuyer.
Dans le monde imprévisible et inquiétant qui est le nôtre aujourd’hui, il nous faut faire
l’apprentissage d’un certain lâcher-prise, accepter de nous remettre entre les mains de

Dieu, afin de pouvoir, une fois libérés du souci de nous-mêmes, aller vers les autres pour
les aider à dépasser leurs peurs malgré les nôtres, à retrouver de la force, malgré nos
faiblesses, à acquérir de l’assurance,
malgré nos questionnements existentiels, nos angoisses qui parfois nous laissent
pantelants, nos incompréhensions du message du Christ.
C’est en nous acceptant ainsi, avec nos limites, et en nous reconnaissants accompagnés par
plus fort que nous, que nous pouvons au plus juste témoigner de ce que Dieu peut faire
dans la vie de tout un chacun, pour peu qu’on lui laisse prendre la place qu’il aspire à
occuper, dans nos cœurs, dans nos existences.
Comme le dit Jésus à Pierre, quand il témoigne juste c’est qu’il parle sous l’action de
l’Esprit, quand il essaie de détourner Jésus de son destin, c’est le résultat d’une réflexion et
d’une réaction toute humaine.
Soyons vigilant à cela et tâchons toujours de nous en remettre au Christ qui sait mieux que
nous ce qu’il convient de dire et de faire.
Remettons nous-en donc à cet accompagnateur qu’il nous a promis, en nous confiant à lui
chaque jour, dans la prière.

 

Amen !

 

Annonces pour la semaine

 

 

Jeudi 10 septembre

  • 15h00: Culte au Refuge
  • 19h00 : CP
  • 20h30: Concert  dans la cadre du festival  » Septembre en musique à Mazamet »  organisé par Agapè. Flute- violon et guitare au temple de Rouvière.

 

Vendredi 11septembre

  • 20h30: Concert  dans la cadre du festival  » Septembre en musique à Mazamet » organisé par Agapè. Orgue et flute.

ATTENTION, en raison d’une défaillance technique de l’orgue de SAINT JACQUES, le concert se déroulera à l’Oratoire Temple de ROUVIERE

 

 

Dimanche 13 septembre

  • 10h30 Culte au temple Saint Jacques 

 

 

 

Agapè:

 

Festival  » Septembre en musique »

ATTENTION, en raison d’une défaillance technique de l’orgue de SAINT JACQUES, les concerts se dérouleront à l’Oratoire Temple de ROUVIERE

Le concert du 18 septembre ne pouvant être déplacé à l’Oratoire est annulé et sera reprogrammé ultérieurement

 

 

Musée du protestantisme à Ferrière

 

Exposition du 26 juin au 1er novembre de  Didier CROS: Papillons / Parpalhòls

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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