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Culte du 3 août à Anglès et culte à Labastide Rouairoux
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Il y a 120 ans environ qu’un commissaire politique bolchevik arrive dans un village
russe, pour dire aux habitants : « Demain à l’aube, que tous soient prêts au départ : tout le
terrain que vous aurez cerner par votre course jusqu’au crépuscule sera à vous. » Tous se
préparent et partent en courant dès l’aube du lendemain, pour se saisir du maximum de
terrain. L’un d’eux, particulièrement, court plus vite que les autres, toute la journée,
franchissant une distance considérable, arrive au crépuscule, victorieux, et tombe mort aux
pieds du commissaire politique. Voyant cela, le commissaire se tourne vers les paysans qui
l’entourent et leur dit : « voilà ce qu’il faut de terre à l’homme : deux mètres sur soixante
centimètres. »
Vanité des vanités, dit l’ecclésiaste, tout n’est que vanité.
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Ce texte de Luc pose en fait deux questions en rapport l’une avec l’autre : doit-on – ou
pas – devenir riche ? et : quelle est la valeur de l’héritage ?
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Devenir riche n’est pas donné à tout le monde. On peut le devenir de multiples
façons : par un travail assidu et rétributif, par un gain à la loterie nationale, par un héritage,
par la découverte d’un filon d’or dans son jardin. Remarquons d’emblée que nous ne sommes
ni les créateurs ni les maîtres de cette richesse. Malgré ce qu’en pense Donald Trump et les
ploutocrates américains, leur richesse leur a été donnée. S’ils étaient nés dans un autre milieu,
s’ils n’avaient pas fait les bonnes rencontres au bon moment, ils seraient comme des millions
d’êtres humains occupés à se débattre pour survivre.
Car le vrai problème de la possession d’une richesse matérielle est, comme le dit le
texte, ce que l’on en fait. On peut faire comme les ploutocrates, transformer cette richesse en
pouvoir. On peut aussi en profiter égoïstement, comme le fait l’homme riche de la parabole, et
se reposer, manger, boire, faire bombance. On peut enfin la partager, en faire profiter le plus
grand nombre, comme certains millionnaires américains qui placent leur fortune dans des
fondations humanitaires. Oui, il y en a qui le font !
Mais Dieu dans tout ça ?
Dans sa parabole, Jésus nous rappelle que nous avons une vie terrestre, où nous
sommes libres de faire ce que nous voulons dans le cadre de certaines lois, et une vie éternelle
qui dépend, elle aussi, de certaines lois. La richesse ne nous met pas à l’abri de la finitude.
Être riche ne nous empêche pas de mourir, même Trump mourra, et si son cercueil est en or
massif cela ne changera rien à sa mort.
Il y a une autre solution dont parle certains autres textes bibliques. Ainsi le riche peut
se débarrasser de toutes ses richesses pour ne se consacrer qu’à Dieu, comme l’ont fait
certains ordres religieux, comme la fait Pierre Valdo, riche négociant lyonnais du Moyen Âge,
donnant tout son avoir à ses filles pour fonder le mouvement des « pauvres de Lyons », les
Vaudois. Mais est-ce vraiment cela que Dieu veut ?
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La dernière chose qu’un riche peut faire, toujours en dehors de sa propre volonté malgré
les apparences, c’est de confier sa fortune à un ou des héritiers. Deux remarques.
Jésus, face à cette notion d’héritage dit simplement : « Gardez-vous de toute avidité. »
Ajoutons que cette parole de Jésus est difficilement mise en pratique.
Et puis, dans la parabole, l’homme riche n’a pas d’héritier.
La notion d’héritage est à sens multiples. Un héritier peut multiplier la fortune initiale, un
autre peut l’éteindre en une génération. Certains héritages communs sont de toute première
importance, comme les valeurs républicaines en société civile, comme l’Évangile pour les
chrétiens. Certains pays, comme la France, organise son économie en tenant compte de
l’héritage d’un parent à son enfant, ce qui n’est pas le cas aux Etats-Unis.
Et c’est quand il n’y a pas d’héritier que la question devient brulante : pourquoi devenir
riche à tout prix ? Pour calmer l’angoisse des lendemains ? Pour devenir plus puissant ? Mais
rien de tout ça n’est définitif, tout est passage, tout n’est que vanité. Que sont devenus les
riches d’antan ? Ont-ils laissé dans l’histoire une marque ineffaçable ? La richesse des
pharaons d’Égypte n’a-t-elle pas été pillée au lendemain de leur mort ?
Vous connaissez Max Weber ? Ce sociologue allemand a étudié le rapport qui existe entre
le chrétien évangélique et la fortune. Il est parti du fait que Calvin, à Genève, a autorisé le prêt
à intérêt, interdit par l’Église romaine, permettant la mise en place d’une économie capitaliste
à l’origine d’une fortune partagée par tous les citoyens. Genève est devenue riche, mais pas
Calvin, dont on ne sait même pas où il est enterré. La richesse, en christianisme vécu, est
partage, plutôt qu’héritage, ou héritage commun partagé entre tous.
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Reste la question fondamentale posée par ce texte du jour. Dieu nous veut-il riche, ou
pas ? Je crois que pour Dieu, d’après l’Évangile, ce n’est pas le problème. Ce qu’Il veut, si
l’on est riche, c’est qu’on le reconnaisse comme l’origine de cette richesse, que l’on ne s’en
sente ni le fondateur ni le maître. Ensuite ce que Dieu veut, d’après l’Évangile, c’est ce qu’on
fait de cette richesse, en action égoïste ou généreuse. Enfin, et c’est le plus important, nous
sortons nus du ventre de notre mère, nous entrons nus dans le cercueil. Entre les deux, vanité
des vanités, est-il vraiment nécessaire d’accumuler des richesses ? Pour qui ? Pourquoi ? Et si
on te redemande ta vie cette nuit même ? Alors, mon frère, ma sœur, soit riche tant que tu
veux, à condition d’obéir à Celui qui t’accompagne dans ta vie comme dans ton éternité,
d’aimer ton Dieu, d’aimer ton prochain comme toi-même, que ta fortune ne fasse pas de toi
son esclave, mais que tu saches la partager avec ceux qui ne savent pas, ou ne peuvent pas,
satisfaire à leur propre existence, et qui sont trop nombreux de par le monde.
Oui, vanité des vanités, tout n’est que vanité, pendant notre existence terrestre.
Mais l’amour de Dieu est la richesse suprême, dans notre vie terrestre, comme au-delà. C’est
la seule vraie richesse dont il nous faut vivre, elle ne ment pas, elle ne trahit pas, elle n’attire
aucune convoitise. L’amour de Dieu, et sa grâce en Jésus-Christ, est notre héritage commun,
que l’Église s’emploie à partager avec le plus grand nombre.
Nous sommes chrétiens, riches ou moins riches, mais éternellement riche de l’amour
éternel de notre Dieu, et de la grâce qu’il nous accorde en son Fils Jésus-Christ, notre sauveur,
notre frère, notre seule vraie richesse.
Amen
Jeudi 7 août
Dimanche 10 août
Mercredi 20 août
Dimanche 24 Août
Samedi 30 Août
Eglise protestante unie de la Montagne du Tarn
• Expositions au temple de Viane jusqu’au 07/09/2025
Tableaux de Michel Bousserez, peintre vianais.
Exposition photos réalisée par Pierre Clot, témoignage de l’accueil de réfugiés syriens (ACARVIe)
Elles seront visibles lors des manifestations estivales et le jeudi pour clore la visite guidée du village de Viane.
• Exposition au temple de Vabre jusqu’au 31/08/2025 :Les émotions de l’eau de Daniel Moro
Temple ouvert tous les jours de 9h00 à 18h00
Au Musée du Protestantisme
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Culte à Labastide Rouairoux.